Quelque 120 députés et sénateurs avaient saisi linstitution sur 19 articles de cette « loi pour la croissance, lactivité et légalité des chances économiques », composée de plus de 300 articles touchant bon nombre de secteurs.
Dimportantes dispositions comme louverture des magasins le dimanche ne figuraient pas parmi les articles contestés. Idem pour la réforme du passage du permis de conduire, des mesures sur la vie des entreprises, ou encore la lutte contre la fraude aux travailleurs détachés. Elles pourront donc entrer en vigueur telles que prévues, une fois la loi promulguée et les décrets dapplication pris par le gouvernement.
Toutefois, le Conseil constitutionnel a censuré, en partie ou en totalité, cinq articles parmi ceux contestés par les parlementaires. Notamment celui concernant la réforme de la justice prudhomale et le plafonnement des indemnités en cas de licenciement sans cause réelle ou sérieuse, que la loi voulait variable selon la taille de lentreprise et lancienneté du salarié. Si le critère dancienneté a été validé, le Conseil constitutionnel a rejeté celui lié à la taille de lentreprise, jugeant qu« il devait retenir des critères présentant un lien avec le préjudice subi par le salarié ».
A linverse, le Conseil a validé la quasi-totalité des articles relatifs à la réforme des professions réglementées du droit, comme les notaires, huissiers de justice, etc.
18 « cavaliers législatifs » censurés
Mais le Conseil a surtout censuré en tout ou partie 18 articles, considérés comme des « cavaliers législatifs ». En dautres termes, des dispositions nayant rien à voir avec lobjet du projet de loi et « adoptés selon une procédure contraire à la Constitution ».
Retoqué donc larticle visant à assouplir la communication sur lalcool et remettant en cause la loi Evin, selon les autorités sanitaires et plusieurs associations. Censuré aussi le projet Cigéo denfouissement des déchets radioactifs à Bure (Meuse) que le gouvernement souhaitait entériner, « pour clarifier la totalité des coûts » de la filière nucléaire comme lexpliquait le ministre de lEconomie Emmanuel Macron mi-juillet juste avant ladoption finale du texte.
Le Conseil a également censuré les articles relatifs à la réforme des chambres de commerce et des métiers.
« Des articles substantiels ont été censurés par le Conseil Constitutionnel. Cest une victoire du droit, » sest félicité le président de la Commission du Sénat chargée dexaminer la loi Macron, Vincent Capo-Canellas (UDI).








