L'établissement Banque Populaire a lancé mardi une application qui permet aux chefs d'entreprise de valider ou de refuser des paiements depuis une montre connectée, un système qui ambitionne de lutter contre les phénomènes de « fraude au président ».

Il s'agit d'un développement de la plateforme de gestion bancaire mobile lancée par Banque Populaire en juin 2012, qui propose déjà aux entreprises de contrôler l'ensemble de leurs comptes en direct sur téléphone portable et tablette. 47.000 entreprises utilisent cette plateforme, moyennant un abonnement de 35 à 100 euros par mois en moyenne, et 1.000 chefs d'entreprises par jour utilisent la validation mobile, a indiqué le directeur général de Turbo S.A, filiale de la Banque Populaire, lors d'un point presse mardi.

Bloquer les « fraudes au président »

La nouvelle application permet aux responsables - des services financiers, ressources humaines ou de la direction - d'être notifiés des virements réalisés dans leur entreprise et de les valider depuis une montre connectée. Banque Populaire a aussi intégré une identification automatique du pays vers lequel est effectué le virement, à partir du répertoire mondial des banques de Swift, dans le but de bloquer d'éventuelles « fraudes au président » - des escroqueries dans lesquelles une personne se fait passer pour le PDG d'une entreprise et ordonne de faux ordres de virement.

La banque assure que les données qui transitent à travers les appareils sont cryptées « au maximum autorisé par la loi », et que chaque échange est doté d'une certification supplémentaire. « C'est comme si on saisissait une transaction de carte bancaire avec saisie du code confidentiel », a affirmé Thierry Laval, directeur général de Turbo SA.

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700 faits ou tentatives recensés entre 2010 et 2014

En novembre 2014, le fabricant de pneumatiques Michelin s'était fait dérober 1,6 million d'euros via une escroquerie reposant sur de faux ordres de virement, et l'Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF) a recensé 700 faits ou tentatives entre 2010 et 2014, pour un préjudice d'au moins 250 millions d'euros. Le groupe Intermarché a aussi indiqué avoir été victime récemment d'une « arnaque au faux président » qui lui a coûté 15 millions d'euros, après qu'un salarié abusé par un escroc a effectué plusieurs virements importants sur un compte en Pologne.