Dans un entretien au quotidien Le Monde, le président de la Fédération bancaire française (FBF) Frédéric Oudéa juge prématurée la création d'une union bancaire en Europe, notamment soutenue par la Commission européenne et le FMI, et dit attendre d'abord des avancées en matière d'intégration politique et économique.

« On peut souhaiter une harmonisation à terme des règles et une intégration plus poussée de la supervision bancaire en Europe », développe celui qui est également PDG de la Société Générale. « Mais pour engager un processus d'union bancaire, qui suppose des mécanismes de solidarité intra-européens, il faut accélérer au préalable l'intégration politique et économique ». En outre, prévient-il, une telle union ne résoudra pas « la question de la crise de confiance » actuelle concernant les dettes des Etats.

Tour à tour, le commissaire européen au marché unique et aux services, Michel Barnier, et la directrice générale adjointe du Fonds monétaire international (FMI), Nemat Shafik, ont défendu ce projet d'union bancaire cette semaine. Selon Barnier, cette union engloberait notamment une série de mesures et projets déjà appliqués ou en cours de discussion pour prévenir et résoudre les crises bancaires et « faire payer les banques plutôt que les contribuables ».

Le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, s'est lui aussi prononcé jeudi pour une union bancaire. Elle se traduirait, selon lui, par une supervision centralisée de certaines banques, en particulier celles qui présentent des risques systémiques pour la zone euro, et une garantie des actifs déposés auprès des banques de la région.

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Pas de « travaux collectifs » sur une sortie de la Grèce

Autre sujet abordé dans cette interview, Frédéric Oudéa a assuré que les banques françaises ne menaient pas de « travaux collectifs » sur un scénario de sortie de la Grèce de la zone euro. « Il appartient à chaque établissement de gérer ses risques en fonction des scénarios possibles. La sortie de la Grèce en est un », a simplement déclaré le président de la FBF.

Mi-mai, le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, avait également affirmé ne pas avoir demandé aux banques et assureurs de travailler sur un scénario de désengagement de la Grèce de la zone euro. « Je ne connais aucun groupe qui serait mis en difficulté par un scénario extrême sur la Grèce », avait-il néanmoins déclaré.