Les syndicats de fonctionnaires ont entamé jeudi des discussions avec le gouvernement pour faire progresser l'égalité professionnelle dans un secteur majoritairement féminin, mais où les femmes sont encore très largement sous-représentées à haut niveau.

Le projet d'accord soumis aux syndicats souligne que « les employeurs publics ont un devoir d'exemplarité » en la matière et propose notamment « d'améliorer la prise en compte des périodes passées en congé maternité et en congé parental ». Pour le congé parental, le document indique qu'il devrait être considéré comme du service effectif la première année afin de permettre le maintien de l'intégralité des droits à avancement d'échelon, contre 50% actuellement.

Il suggère également de proposer aux agents des entretiens avant et après des interruptions de carrière comme les congés de maternité et d'ouvrir la réflexion sur les modalités de prise du congé paternité pour lutter contre une certaine « frilosité » des pères en la matière. Il préconise en outre de mieux identifier les données relatives à l'égalité professionnelle dans la Fonction publique, via un bilan social et de « remettre régulièrement » un rapport sur ces questions au Conseil commun de la fonction publique, instance nouvellement créée.

En présentant sa feuille de route en juillet, le ministre de la Fonction publique François Sauvadet, alors fraîchement nommé, avait dit souhaiter « être le ministre de la Fonction publique qui fera avancer cette question avec des perspectives et des échéances ». En mars, la députée UMP Françoise Guégot avait préconisé dans un rapport de réserver 40% des postes de direction aux femmes dans la Fonction publique. Dans le privé, une loi adoptée en janvier impose déjà progressivement 40% de femmes dans les conseils d'administration des grandes entreprises d'ici 2017. Cet objectif de 40% n'est pas abordé dans le projet d'accord.

Après cette première réunion, certains syndicats ont déploré le manque d'ambition du projet, la FSU évoquant un texte « un peu mou », fait « de déclarations de bonnes intentions » et l'Unsa un document « pas révolutionnaire ». « Il n'y a rien dedans », a déploré Elisabeth David (Unsa), tandis qu'Elizabeth Labaye (FSU) a indiqué à l'AFP que son organisation était « un peu déçue » par sa tonalité « un peu soft ».

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Selon le dernier rapport annuel sur l'état de la Fonction publique, les femmes sont majoritaires dans les trois versants (Etat, Territoriale et Hospitalière), représentant environ 60% des agents. Mais elles sont largement sous-représentées aux postes de direction, occupant 21,4% de ces emplois dans la Fonction publique d'Etat, 18% dans la Territoriale, et un peu plus dans l'Hospitalière (40%).

En matière de salaires, les écarts entre hommes et femmes subsistent. Ils étaient de 17% en 2008 dans la Fonction publique d'Etat (un homme gagnant en moyenne 2.548 euros, une femme 2.177 euros), contre 23,6% dans le privé à la même période.

Deux autres réunions sont programmées d'ici fin décembre avant une réunion conclusive prévue début 2012. Si le projet d'accord doit se traduire par des mesures législatives, celles-ci seront adjointes au projet de loi visant à réduire la précarité vécue par certains contractuels qui doit être examiné par le Parlement prochainement.