Le ministre de l'Economie François Baroin a réaffirmé dimanche sa confiance dans la situation des banques européennes, après la polémique ouverte par le FMI sur leur recapitalisation, et minimisé la lenteur de la zone euro à avancer vers une solution à la crise grecque.

M. Baroin a fait valoir que les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales du G7 s'étaient entendus « sur plusieurs points dont celui essentiel, écrit noir sur blanc, que les banques centrales assuraient toute la liquidité pour, en tant que de besoin, garantir les problèmes ».

« Cela veut dire qu'à la question y-a-t-il des problèmes de liquidités ?, la réponse est non et à la question y-a-t-il un problème de solvabilité ?, la réponse est non. Nous ne sommes pas inquiets », a martelé le ministre, invité du « Grand Rendez-Vous » Europe 1/I-Télé/Le Parisien-Aujourd'hui en France.

Intervention concertée des banques centrales

L'exposition des banques aux pays fragiles comme la Grèce et les craintes d'une crise de liquidité pèsent en Europe sur le secteur, étrillé en Bourse depuis plusieurs semaines. Dans une action rappelant le pic de la crise de 2008, les principales banques centrales mondiales se sont mobilisées jeudi pour éviter le tarissement des liquidités des banques en dollars, via des opérations sur trois mois.

Cette mesure va permettre aux établissements européens de souffler au moins jusqu'à la fin de l'année mais n'a pas éteint le débat sur l'éventuelle nécessité de leur recapitalisation. Le ministre des Finances suédois Anders Borg a ainsi estimé samedi qu'ils avaient « un besoin évident » d'argent frais.

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« Le FMI l'a dit clairement : le système bancaire européen a un besoin d'être mieux renforcé », a-t-il affirmé au sortir d'une réunion avec ses homologues européens à Wroclaw (Pologne). La directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, avait reçu une pluie de critiques après avoir été la première à appeler l'Europe à recapitaliser ses banques. Le FMI doit principalement consacrer aux banques européennes son « Rapport sur la stabilité financière dans le monde » semestriel, à paraître mercredi.

Aide à la Grèce

Interrogé sur l'absence d'avancées sur le front de la crise grecque à la réunion de Wroclaw, François Baroin a par ailleurs estimé qu'il fallait « sortir des marchés l'idée qu'il y a un risque sur la dette des Etats souverains ». « Toute cette stratégie, c'est l'accord du 21 juillet », a-t-il réaffirmé, en référence au deuxième plan de sauvetage de près de 160 milliards d'euros décidé par les dirigeants de la zone euro pour sauver Athènes de la faillite, qui tarde à se mettre en place. Le dossier bloque en particulier sur l'exigence finlandaise de garanties financières en échange de nouveaux prêts.

Le ministre français a également minimisé le report à octobre de la décision sur le versement à la Grèce d'une nouvelle tranche d'aide de 8 milliards d'euros, tirée du premier plan de sauvetage et sans laquelle Athènes se retrouverait financièrement asphyxiée dès le mois prochain. « Ce report était attendu puisque nous savions depuis plusieurs jours que la troïka (ndlr, UE, BCE, FMI) avait besoin de plus de temps » pour rendre son rapport sur les efforts du pays pour redresser ses comptes, a-t-il estimé.