Sans surprise, le plan d’austérité dévoilé hier par François Fillon a suscité beaucoup de commentaires négatifs, dans l’opposition mais également au sein des secteurs ciblés par les nouvelles mesures fiscales.

Des « demi-mesures de fin de mandat » pour Laurent Fabius ; « une plongée dans l’austérité » pour Benoît Hamon ; un « matraquage fiscal » pour Ségolène Royal : le Parti socialiste a tiré à boulets rouges sur le plan d’austérité. La taxe sur les hauts revenus, notamment, est qualifiée de « totalement marginale » par l’ancien Premier ministre de François Mitterrand.

Le secrétaire national du Parti communiste, Pierre Laurent, y voit quant à lui un « charity business plutôt abject, puisqu’en contrepartie la sécurité sociale et les droits sociaux sont en ligne de mire (…) » Eva Joly, la candidate écologiste à l’élection présidentielle, évoque enfin des mesures « cosmétiques » : « Ni anticipation, ni vision, ni volonté : prisonnier du court terme et de ses arrières pensées électorales, le Premier ministre n’a pas su prendre la mesure de la situation ».

A droite également, certains responsables politiques ont la dent dure. L’ancien ministre sarkoziste et actuel président du Parti radical, Jean-Louis Borloo, déplore que les mesures annoncées « ne [soient] pas à la hauteur des enjeux soulevés par la crise financière de cet été. » Le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, candidat à la présidentielle, va plus loin, en qualifiant François Fillon de « tartuffe » : « (…) a-t-il oublié que le Parlement est appelé à débloquer 15 milliards d’euros supplémentaires pour le tonneau des danaïdes grec (…) ? ».

« Une véritable mise à mort »

Le plan gouvernemental a également fait bondir les représentants des secteurs économiques directement touchés par les mesures. L’association nationale des industries alimentaires (Ania) juge ainsi « illogique » et « scandaleuse » la taxe nouvellement créée sur les boissons sucrées, estimant qu’elle revient « à stigmatiser ces produits en les désignant comme mauvais ou nocifs, en appliquant la même politique fiscale que pour le tabac, sans justification scientifique ». Le gouvernement a en effet justifié son choix par la lutte contre l’obésité.

Mécontent également, Philippe de Villiers, fondateur du parc d’attractions vendéen le Puy-du-Fou, après que le gouvernement a décidé de relever à 19,6%, contre 5,5% actuellement, la TVA des billets d’entrée dans les parcs à thème. « C’est une véritable mise à mort » a déclaré le président du Mouvement pour la France (MPF). « Ce gouvernement aux abois préfère écouter les spéculateurs des marchés que les Français moyens qui n’ont plus assez d’argent pour faire leur marché et demain, pour partir en vacances. »

Le président de la Fédération des entreprises d’outre-mer, Jean-Pierre Philibert, exprime son inquiétude face à la perspective d’une suppression de l’abattement de 30% sur le bénéfice imposable des entreprises dans les DOM. « 100 millions, (…) c’est beaucoup pour l’outre-mer quand on sait que total de l’impôt sur les sociétés versé en 2010 était de 346 millions d’euros. »

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La confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME) dénonce enfin « une augmentation du coût du travail pour les entreprises », après l’annonce de l’intégration des heures supplémentaires dans le calcul des allègements de charges patronales.

« Préserver notre pacte social »

Quelques politiques, tout de même, saluent un plan courageux. Logiquement, on les trouve dans les rangs de la majorité présidentielle. C’est le cas par exemple du président du groupe UMP à l’Assemblée, Christian Jacob ou du président du Sénat, Gérard Larcher : « [Les mesures annoncées] sont économiquement adaptées à la conjoncture et réparties de la manière la plus équitable possible afin de préserver notre pacte social (…) ».

Même optimisme du côté des députés du Nouveau Centre, par la voix de leur chef de file, Yvan Lachaud : « Aujourd’hui, il n’est pas trop tard pour que des mesures justes, efficaces et pérennes soient adoptées dans les plus brefs délais pour rétablir nos comptes publics. »