« Il existe un certain nombre de dispositions dans la Constitution française permettant qu'un budget soit voté ou adopté même sans majorité au Parlement », a-t-il déclaré lors de l'assemblée annuelle du Fonds monétaire international (FMI) à Bangkok.
« Je ne pense pas que la BCE (Banque centrale européenne) ou la Banque de France puissent faire grand-chose concernant ce processus parlementaire. Les parlementaires et l'exécutif doivent prendre leurs responsabilités », a-t-il ajouté.
L'examen du budget 2027 a démarré mardi à l'Assemblée nationale, avec l'ambition de retrouver l'an prochain un déficit à 5% du PIB. Mais son adoption apparaît très incertaine, faute de majorité et à l'approche de l'élection présidentielle l'an prochain.
Emmanuel Moulin, qui dirige la Banque de France depuis juin, a jugé que « la plupart des candidats à la présidentielle s'inscrivent dans (une) logique de réduction du déficit ».
« Les moyens d'y parvenir peuvent être plus ou moins crédibles, mais je pense que, dans l'ensemble, nous avançons dans la bonne direction », a-t-il souligné.
Le gouverneur a rappelé que la France était déjà parvenue dans un passé récent à « réduire fortement son déficit », avant le passage à l'euro ainsi qu'entre 2011 et 2019.
Cet assainissement passe, selon lui, par des « réformes structurelles », notamment des retraites, qui présentent le « double avantage » de favoriser la croissance et la soutenabilité des finances publiques.
Plus tôt dans la matinée, la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, avait estimé qu'il « faudra du temps » à la France pour ramener sa dette et son déficit à des niveaux pouvant « inspirer confiance » aux marchés.
« La France cherche actuellement à adopter un budget qui placerait son déficit et sa dette sur une trajectoire descendante. Il faudra toutefois du temps pour les ramener à des niveaux susceptibles d'inspirer confiance, une entière confiance, tant à la population qu'aux investisseurs », a-t-elle averti.















