Cette mesure est encore loin d'entrer en vigueur : l'adoption du budget de la Sécurité sociale paraît hautement improbable dans un hémicycle profondément divisé.
L'amendement, porté par Sandrine Rousseau, prévoit la création d'un « congé anticipatoire de départ en retraite » pour les salariés âgés d'au moins 62 ans et ayant validé 168 trimestres, soit 42 années d'assurance.
Ces derniers pourraient cesser de travailler tout en percevant de leur employeur une rémunération équivalente à leur future pension de retraite à taux plein, jusqu'à ce qu'ils atteignent l'âge légal de départ. En contrepartie, les entreprises bénéficieraient de réductions de cotisations sociales.
Le dispositif permettrait ainsi de contourner le relèvement progressif de l'âge légal à 64 ans instauré par la réforme Borne en 2023, sans abroger formellement cette dernière.
Le coût de ce dispositif pour les finances sociales n'a pas été annoncé. Les réductions de cotisations accordées aux entreprises pourraient, selon les auteurs de l'amendement, compenser intégralement les sommes versées aux salariés concernés. Le financement reposerait donc sur la Sécurité sociale, qui verrait ses recettes diminuer.
Le rapporteur général du budget de la Sécurité sociale, Thibault Bazin (LR), a mis en doute la faisabilité du dispositif.
« Qu'est-ce qui se passe si l'employeur est en défaut et qu'il disparaît ? », a-t-il interrogé, estimant que la mesure pourrait « se retourner potentiellement contre les assurés sociaux ».
Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a lui aussi vivement critiqué la proposition. « Qu'est-ce qu'elles vous ont fait, les entreprises ? », a-t-il lancé, dénonçant une charge financière trop lourde.
« Les entreprises vont se séparer des gens avant qu'ils atteignent ce seuil », a-t-il prévenu, redoutant que la mesure ne pénalise davantage l'emploi des seniors.
Le groupe Ecologiste et Social a salué dans un communiqué une « immense victoire pour des millions de travailleuses et de travailleurs », appelant le gouvernement à ne pas effacer ce vote au cours de la suite de l'examen budgétaire.
Le relèvement progressif de l'âge légal de départ à 64 ans avait déjà été partiellement suspendu dans le cadre du budget de la Sécurité sociale pour 2026.



















