« Le budget est à portée de main », a affirmé le ministre, « l'urgence est de s'accorder sur le fond, un dernier effort est nécessaire : une grande partie d'entre vous souhaitent y arriver, a-t-il ajouté, mettons-nous d'accord, réduisons les dégâts, et permettons à la France d'avancer ».

Le discours du ministre a duré à peine plus de cinq minutes, dans un hémicycle où peu croient que le budget puisse être adopté sans que le gouvernement use de l'article 49-3 ou le fasse passer par ordonnances.

M. Lescure a cependant souligné qu'il n'était pas possible de rester indéfiniment sous le régime de l'actuelle « loi spéciale » qui reconduit temporairement dépenses et recettes de l'année précédente, car « elle pénalise l'économie, et n'est pas à la mesure des bouleversements mondiaux qui se sont accélérés au cours des derniers jours », a-t-il dit.

Elle « maintient l'incertitude » et « aggrave nos finances publiques » puisque le déficit prévu par le texte - tel qu'il a été voté au Sénat en décembre, NDLR - atteint « près de 5,4% du PIB, ce qui est parfaitement inacceptable ».

« Nous devons préserver la confiance des investisseurs », a ajouté M. Lescure, remarquant que la France doit lever « 310 milliards d'euros sur les marchés cette année ».

Sans budget, pas de hausse des dépenses de défense de 6,7 milliards cette année, a-t-il relevé, tandis que « l'absence de budget prive nos entreprises d'un cap ».

Il a jugé cependant que les discussions entre partis des derniers mois, et même « des dernières heures », ont été « extrêmement utiles ».

« Nous nous sommes écoutés, cette clarification de nos positions demandait du temps, l'heure est désormais aux solutions », a-t-il assuré, se disant convaincu qu'après l'adoption de justesse du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), en décembre, « nous sommes de nouveau capables d'arriver à un compromis sur ce budget », à « un texte acceptable pour une majorité d'entre vous, même si, évidemment, personne n'en sera totalement satisfait ».

Il a rappelé que le texte final devrait limiter le déficit public à 5% du PIB maximum, et « partager l'effort entre les acteurs économiques ».