D'après les fédérations professionnelles du secteur, le relèvement du taux intermédiaire de TVA de 7% à 10% en 2014 va entraîner « la perte d'au moins 20.000 emplois » dans le bâtiment.

« Cette hausse pour les travaux d'entretien et de rénovation de logements est contraire à tous les engagements pris depuis des mois par le gouvernement et le président de la République, qui a même formellement démenti, le 19 octobre dernier, toute hypothèse de hausse de la TVA dans le bâtiment », a dénoncé la Fédération française du bâtiment (FFB) dans un communiqué.

Pour la FFB, « cette hausse aura des effets catastrophiques sur l'activité et sur l'emploi, provoquant inévitablement un retour massif du travail au noir ». « Elle marquera la fin des engagements en faveur de la rénovation énergétique de 500.000 logements par an », a affirmé la fédération présidée par Didier Ridoret. Aussi, la FFB « demande-t-elle avec fermeté que le nouveau taux réduit de 5% s'applique aux travaux sur le logement » au lieu du taux de 10%.

L'Union sociale pour l'habitat, qui représente les HLM, craint « un handicap supplémentaire pour atteindre l'objectif de production de 150.000 nouveaux logements sociaux par an voulu par le gouvernement ».

« Mobilisation générale » contre la mesure

« Les clients vont se tourner vers les auto-entrepreneurs qui n'ont pas les mêmes charges que nous et qui ont une TVA à 0% », a déploré auprès de l'AFP Patrick Liébus, le président de la Capeb (Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment).

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De son côté Jean-François Buet, président-élu de la Fnaim (Fédération nationale de l'immobier, agents immobilier) déclare avec accueillir « avec consternation les propositions du rapport Gallois d'alourdir encore la fiscalité sur le logement ». « Alourdir encore davantage cette fiscalité immobilière déjà bien confiscatoire, aboutirait inévitablement à anéantir un bon nombre de projets immobiliers alors que les besoins en logements sont énormes, à plomber l'activité de nos 30.000 TPE et PME, à fragiliser plus de 200.000 emplois et à paralyser encore un peu plus un secteur où on dénombre pour 2012 une baisse de près de 30% de l'activité », affirme la Fnaim.

Le secteur du bâtiment, qui employait en 2011 1,17 million de salariés et 80.000 intérimaires, a déjà prévu de perdre 35.000 emplois en 2012, dont les deux tiers d'intérimaires. Son chiffre d'affaires devrait retomber à 122 milliards d'euros contre 124,4 milliards en 2011.