Connue pour ses verres réputés incassables, l'entreprise avait été placée en redressement judiciaire le 1er juin pour la cinquième fois en une vingtaine d'années, moins de deux ans après sa reprise par les salariés réunis en coopérative.
« C'est gagné ! Nous sommes les nouveaux propriétaires de Duralex », s'est félicité auprès de l'AFP Cédric Meston, qui reprend la verrerie via sa holding Tomé, connu notamment comme cofondateur de la start-up HappyVore (substituts végétaux à la viande) et pour avoir repris Tupperware France en 2025.
« C'est une vraie responsabilité, on fera tout pour être à la hauteur et que la société soit pérenne dans le temps », a-t-il ajouté.
155 emplois sont repris sur le site historique de La Chapelle-Saint-Mesmin, soit plus de 70% des emplois en CDI, avec un plan de financement de 16 millions d'euros, dont six millions d'euros de soutiens publics avec des prêts des collectivités locales et des financements de l'État.
Le milliardaire Xavier Niel, via sa holding NJJ Capital, est aussi associé au projet de reprise.
M. Meston, âgé de 32 ans, prévoit un redimensionnement de la production au niveau des ventes et un repositionnement vers de nouvelles gammes, « pour mieux répondre aux nouvelles attentes des consommateurs ».
Le ministre délégué chargé de l'Industrie, Sébastien Martin, a salué dans un message transmis à l'AFP « une nouvelle page de l'histoire de cette entreprise emblématique de notre savoir-faire industriel ».
« Je serai également attentif à l'accompagnement des salariés qui ne seront pas conservés, pour favoriser leur retour à l'emploi », a ajouté M. Martin, qui se rendra à l'usine vendredi.
« Pour Duralex, marque emblématique et historique, pour ses salariés, tout devait être fait », a déclaré de son côté à l'AFP le président de la Région Centre-Val de Loire François Bonneau , ajoutant avoir soutenu « la meilleure offre industrielle et sociale ».
Silham El Kasmi devient la nouvelle directrice générale de Duralex, après avoir passé 23 ans chez Saint-Gobain puis chez Saur.
La décarbonation du site, où la consommation d'énergie pèse aujourd'hui près de 20 % du chiffre d'affaires de Duralex, est « une des priorités », a affirmé M. Meston.
Le plan de la holding Tomé prévoit la conversion du four, qui fonctionne au gaz, vers une technologie 100 % électrique à l'horizon 2029. Il supprimera l'essentiel des émissions de CO2 du site.
Une autre offre de reprise, déposée par l'industriel stéphanois Carlesimo et d'un niveau financier équivalent, proposait de reprendre 129 salariés.















