Quelque 73 heures de débats en séance sont prévues en février sur le projet de réforme des retraites à l'Assemblée nationale, soit davantage que pour des précédentes réformes, a fait valoir mercredi Yaël Braun-Pivet, qui espère pouvoir aller « au bout du texte ».

« Nous nous sommes mis en condition pour que le débat se tienne dans son intégralité », a assuré la présidente de l'Assemblée nationale lors de ses vœux à la presse, alors que le choix du gouvernement de passer par un projet de budget rectificatif de la Sécurité sociale (PLFSSR) est contesté.

Un projet de loi de financement de la Sécurité sociale rectificatif permet de limiter la durée des débats au Parlement, voire de faire passer la réforme par ordonnance au bout de 50 jours faute d'adoption. « Je préfèrerais un vote sur ce texte », a euphémisé Mme Braun-Pivet, qui souhaiterait aussi éviter un recours au 49.3.

En première lecture, 20 jours sont alloués à l'Assemblée nationale, entre examen en commission et en séance. Si le projet de réforme n'est pas validé dans ce délai, le texte originel passe tout de même au Sénat.

Neuf jours de séance sont programmés à partir du 6 février, week-end compris, soit 73 heures de débats, contre 65 heures en 2010 pour la réforme Woerth et 45 heures en 2014 pour la réforme Touraine, a souligné Mme Braun-Pivet.

« Mon objectif est que nous allions au bout du texte », a-t-elle déclaré, en relevant que « la seule chose qui pourrait l'empêcher » serait un trop grand nombre d'amendements, et en appelant « à ce qu'il n'y ait pas d'obstruction ».

La tendance depuis le début de la législature est à « l'inflation » du nombre d'amendements déposés sur les textes de loi, qui ont doublé par rapport à 2017, ce qui « nuit à la clarté de nos débats », a-t-elle déploré.

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Sur les retraites, « le débat parlementaire doit permettre de faire évoluer le texte », plaide Mme Braun-Pivet. « C'est une réforme importante, qui présente de très belles avancées. Il faudra peut-être pour certaines les consolider », a-t-elle ajouté, alors que les idées foisonnent y compris au sein de la majorité, sur la pénibilité, les femmes ou encore les seniors.

Quant aux demandes de référendum sur la réforme, portées par la Nupes et les députés RN, l'élue Renaissance n'y est pas favorable : « Un référendum est très binaire » et « ne permet pas de rentrer dans la complexité de la réforme ».

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