Des députés Modem proposent d'augmenter la durée hebdomadaire de travail d'une demi-heure, pour apporter des financements supplémentaires dans le cadre de la réforme des retraites, a indiqué l'un d'eux dimanche à l'AFP, confirmant une information du Figaro.

Le député d'Eure-et-Loir Philippe Vigier a précisé qu'il s'agissait de l'un des amendements que des membres de son groupe envisagent de déposer au projet de réforme des retraites, qui sera présenté lundi en Conseil des ministres.

« L'idée serait de travailler 30 minutes de plus par semaine, à l'image un peu de ce qui avait été fait avec la journée de solidarité », a expliqué le député Modem.

Les 35 heures « ont déjà été largement détricotées », selon le député, et cette mesure permettrait de « gagner un poil plus, et de faire entrer des cotisations sociales, qui aideraient à financer la réforme », a-t-il ajouté, évaluant à 1,7 milliard d'euros par an l'apport financier d'une telle mesure.

Ces ressources supplémentaires pourraient financer une autre mesure défendue par le Modem, qui souhaite baisser l'âge du taux plein (fixé à 67 ans) pour les personnes ayant eu des carrières hachées et impactées par la réforme.

Le patron du Modem, François Bayrou, avait plaidé en vain auprès de l'exécutif pour une hausse des cotisations patronales, dans le cadre de la réforme des retraites.

« On essaye modestement de voir comment apporter un peu plus de justice », a dit M. Vigier, conscient des réticences que pourrait provoquer cette proposition dans les autres groupes du camp présidentiel. « Je verse ça avec d'autres au débat, on est en train de discuter dans le groupe », a-t-il ajouté.

L'idée a reçu un accueil froid dimanche du porte-parole du gouvernement Olivier Véran. « Je serais plutôt enclin à ne pas ouvrir le chantier du temps de travail hebdomadaire au moment où on est déjà dans le chantier des retraites », a-t-il dit, ajoutant qu'il n'était pas question de « revenir sur le chantier des 35 heures ».

Parmi les autres propositions en cours d'élaboration par les députés Modem, en amont du débat parlementaire, figure celle de l'ajout « d'une clause de revoyure sur cette réforme au 1er janvier 2028 ».

« C'est un acte de responsabilité, on y mettrait le Parlement, le gouvernement, les partenaires sociaux, la Cour des Comptes qui pourrait nous remettre un rapport sur les impacts positifs ou négatifs de la réforme », a dit M. Vigier.