Vous voulez investir sur un PER ? Que vous cherchiez à réduire vos impôts 2022 ou à bloquer de l'épargne jusqu'à votre retraite, voici 3 questions que vous devez vous poser avant d'ouvrir un PER.

1 – Êtes-vous imposable ?

C'est LA question qu'il est impératif de se poser avant de déposer votre épargne sur un Plan d'épargne retraite (PER) ! Un foyer non imposable a évidemment lui aussi intérêt à mettre de l'argent de côté en vue de sa retraite, s'il le peut. Mais dans ce cas, il n'a pas nécessairement intérêt à placer cette épargne sur un produit bloqué jusqu'à la retraite, puisque l'argent épargné sur un PER ne peut être débloqué avant la retraite qu'en cas d'accident de la vie (surendettement, invalidité, etc.) ou en cas d'acquisition de la résidence principale. Si vous êtes non imposable, d'autres produits moins contraignants (assurance vie, livrets, PEA, etc.) existent.

Si vous êtes imposable, le PER a non seulement l'avantage de vous permettre d'épargner pour la retraite mais aussi de réduire votre impôt sur le revenu. Chaque somme placée sur un PER en 2021 est déductible de votre revenu imposable 2021. Pour quel avantage fiscal ? Là, tout dépend de votre niveau d'imposition. En clair, plus vous êtes imposés, plus la déduction est intéressante : elle sera bien plus significative pour ceux qui figurent dans les « tranches hautes » du barème de l'impôt sur le revenu (30% à 45%) que pour les contribuables « modestes » qui figurent dans la tranche à 11%. Pour savoir quelle est votre tranche (on parle de taux marginal d'imposition, ou TMI), vous pouvez utiliser le simulateur du fisc ou la calculatrice de placements de MoneyVox.

Plus concrètement, 1 000 euros placés sur un PER en cette fin d'année réduisent votre revenu imposable 2021 de 1 000 euros, ce qui réduira votre impôt à payer en 2022 de 110 euros d'impôt (1) si vous figurez dans la tranche à 11%, et de 450 euros si vous figurez dans la tranche à 45%. Les conseillers en gestion de patrimoine et autres experts en défiscalisation conseillent généralement le PER aux contribuables figurant dans les tranches à 30%, 41% ou 45%.

A savoir : si vous êtes non imposable ou peu imposé mais que vous tenez absolument à investir sur un PER, vous pouvez réclamer la non-déductibilité de vos versements. Cette option vous offrira une fiscalité plus douce au moment de retirer votre épargne à l'âge de la retraite.

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2 – Combien pouvez-vous défiscaliser sur un PER ?

Si vous venez de toucher une grosse somme, en héritage ou après avoir revenu un bien, ne vous empressez pas forcément de tout placer en une fois sur un PER ! D'une part puisqu'il est certainement plus judicieux de « ne pas mettre tous vos œufs dans le même panier ». Mais surtout parce que les versements d'épargne retraite fiscalement déductibles sont plafonnées chaque année. Ce plafond est personnalisé : il correspond à 10% de vos revenus annuels, dans la limite maximale de 32 419 euros en 2021, cette limite étant toutefois bien plus élevée pour les travailleurs indépendants (2). Précision supplémentaire : ce plafond annuel est cumulable sur plusieurs années.

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Compliqué ? Une astuce, simplissime : prenez votre avis d'impôt 2021. Regardez le détail du calcul, à partir de la page 2, et visez la rubrique « plafond épargne retraite », juste avant la rubrique « prélèvement à la source 2021 ». Y figure le « plafond non utilisé » des trois dernières années, cumulable, celui de l'année 2020, et votre « plafond pour les cotisations versées en 2021 ». Si vous dépassez ce montant pour vos versements volontaires sur un PER, tout ce qui dépasse ne sera pas déduit de votre revenu imposable.

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3 – Que faut-il regarder sur le contrat du PER ?

Un constat : « Les frais des PER individuels assurance [les plans les plus courants dans les banques, chez les courtiers et assureurs, NDLR], qui incluent les frais des assureurs et les frais des sociétés de gestion, sont nombreux. » Ce constat, c'est Corine Dromer, la présidente du Comité consultatif du secteur financier (CCSF), organisme paritaire lié à la Banque de France, qui le dresse dans un rapport dédié au PER publié cet été. Or « cette accumulation de frais pèse sur le rendement des contrats ».

La première chose à scruter dans les conditions générales d'un PER avant de signer est donc le niveau de frais. Y a-t-il des frais sur versement, qui rogne votre épargne à chaque dépôt ? Les frais de gestion annuels sont-ils élevés (ils vont de 0,5% à 2% selon les contrats) ? Des frais d'option ou d'arbitrage relèvent-ils trop lourdement les frais annuels ?

Plan épargne retraite : les frais qu'il faut réussir à comparer

Regardez ensuite les options et supports disponibles, afin que cela corresponde à vos besoins. Un PER proposant de la gestion libre avec plusieurs centaines d'unités de compte n'est pas utile pour un épargnant peu averti. Si vous cherchez un produit « simple », la rédaction a réalisé un palmarès des PER adaptés aux néophytes.

Sachez en outre, concernant les options de gestion, que tout PER doit a minima proposer des profils de « gestion à horizon », des répartitions standard – prudent, équilibré ou dynamique – qui prévoient une sécurisation de l'épargne à l'approche de la retraite. Et certains PER proposent en outre des gestions pilotées plus sophistiquées.

Comment comparer les meilleurs plans épargne retraite

(1) Hors décote.

(2) 76 100 euros maximum pour les travailleurs non salariés (TNS).