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Retraite : rachat de trimestre, comment ça marche ?

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Des retraités devant un ordinateur
© Suzanne Plumette - Fotolia.com

La réforme des retraites en projet ne bouleverse pas encore - à ce jour - tout le système actuel. Si vous approchez de la retraite, il est encore judicieux d'étudier la possibilité de racheter des trimestres de cotisations.

Racheter des trimestres, à quoi ça sert ?

L’âge légal de départ à la retraite est de 62 ans. Quel que soit le nombre de trimestres cotisés, à cet âge, vous pouvez cesser toute activité professionnelle et vous avez le droit à une pension. Mais, le plus souvent, vous n’avez pas encore droit à la retraite à taux plein ! Bref, en travaillant plus longtemps, vous pouvez bonifier la pension que vous allez ensuite toucher jusqu’à la fin de vos jours. Le nombre de trimestres nécessaires est de 172 si vous êtes né à partir de 1973, un peu moins (jusqu’à 165 trimestres) si vous êtes né plus tôt. Le nombre d’années de cotisations varie ainsi de 41 ans et un trimestre à 43 ans.

Le rachat de trimestres vise donc à vous approcher plus rapidement du taux plein : soit à partir plus rapidement à taux plein, soit à éviter une pension trop faible si vous souhaitez partir avant l’âge requis. Cette problématique ne concerne donc ni les retraités, ni les actifs qui ont déjà dépassé l’âge de leur taux plein, ni ceux qui continuent à travailler jusqu’à 67 ans (âge du taux plein automatique).

Précision : le système des trimestres correspond à la retraite de base. Dans le régime général, et donc notamment pour les salariés du privé, le taux plein correspond à 50% du salaire annuel moyen. La retraite complémentaire est un système à part (par points), qui vient bonifier cette retraite de base.

Comment faire le point sur vos trimestres ?

En consultant ou en réclamant votre relevé de carrière. Vous le recevez – sans avoir à le réclamer – pour vos 35 ans, puis tous les 5 ans (40, 45, etc.). Et vous pouvez le consulter aisément sur vos espaces personnels sur lassuranceretraite.fr ou info-retraite.fr : vous pouvez même vous créer un compte en quelques clics en utilisant le service FranceConnect (avec vos identifiants impots.gouv, Ameli…). Sur le relevé de carrière, au chapitre « retraite de base », le nombre de trimestre est mis en exergue.

Lire aussi : Pourquoi il faut scrupuleusement vérifier son relevé de carrière

Peut-on racheter autant de trimestres que l’on veut ?

Le rachat est dans tous les cas limité à 12 trimestres (3 ans de cotisations). Et les rachats doivent correspondre à une période d’activité qui n’a pas été suffisamment valorisée : une année incomplète (1 à 3 trimestres sur les 4 possibles), par exemple où vous avez effectuer des travaux saisonniers. Le relevé de carrière vous permet ainsi de pointer les années incomplètes puisque le nombre de trimestres est détaillé sur chaque ligne.

Deuxième possibilité : les années d’études supérieures. Le rachat n’est toutefois envisageable que si vous avez validé un diplôme français ou européen, ou que vous avez été admis en grande école ou classe préparatoire. Le rachat est aussi possible pour des années d’apprentissage, et dans plusieurs cas biens spécifiques tel que celui des années (incomplètes) des assistantes maternelles entre 1975 et 1990.

Qui a intérêt à faire un rachat, et quand ?

Le rachat de retraite concerne le plus souvent les salariés du privé et les indépendants, même s’il est ouvert aux travailleurs dépendant d’autres régimes. Le coût du rachat de trimestre grimpe tout au long de la carrière : financièrement parlant, mieux vaut donc racheter tôt… mais vous courrez alors le risque que ce rachat devienne inutile en fin de carrière, car votre situation professionnelle ou personnelle peut évoluer d’ici l’âge de départ. Il est généralement conseillé de concrétiser les rachats de trimestre à l’approche de l’âge de départ, après avoir analysé l’estimation indicative globale (EIG), document disponible à partir de 55 ans.

Le site de référence pour simuler le rachat de trimestre reste lassuranceretraite.fr : sur la page d’accueil de votre espace personnel, vous pouvez dans un premier temps « obtenir [votre] âge de départ » pour connaître l’âge du taux plein, éventuellement « estimer le montant de ma retraite » (de base et complémentaire cumulées), pour ensuite « simuler le coût d’un rachat de trimestres ». Pas de panique, cette simulation ne vous engage pas dans une démarche de rachat : elle permet uniquement de simuler le coût, et vous donne ensuite accès à un formulaire officiel de demande d’évaluation de rachat de trimestres.

Les expatriés, eux, doivent racheter « tôt »

Un cas totalement à part ! S’ils n’ont pas systématiquement intérêt à racheter des trimestres, les expatriés ont une contrainte d’importance à prendre en compte : le rachat doit être demandé dans les 10 ans suivant le dernier jour d’activité à l’étranger, donc au plus tard 10 après le retour en France.

Combien ça coûte ?

Le tarif évolue très fortement selon l’âge du demandeur, selon le niveau de revenus, selon le régime d’affiliation, et aussi selon l’option choisie ! Deux options sont disponibles : le rachat au titre du taux seul, ou le rachat pour le taux et la durée d’assurance. Pour comprendre, il faut avoir la formule de calcul de la retraite de base (hors complémentaire) en tête :

Pension de retraite de base = revenu annuel moyen x taux x (durée d'assurance / durée d’assurance requise*)

* La durée d’assurance requise est le nombre de trimestres à valider pour le taux plein (172 trimestres pour la génération 1973 et les suivantes).

L’option de rachat au taux seul est la moins coûteuse : elle permet à ceux qui n’iront pas jusqu’à l’âge du taux plein de bonifier leur taux actuel, afin de limiter la décote, et de s'approcher du taux plein de 50%.

L’option de rachat « taux et durée d’assurance » agit sur le taux de la même manière mais permet aussi de grossir le nombre de trimestre comptés dans la durée d’assurance. Cette option, plus onéreuse, agit donc sur deux éléments de la formule de calcul.

A titre de comparaison, en 2019, le coût maximum du rachat d’un trimestre est de 4 510 euros à 62 ans pour le taux seul, et de 6 684 euros pour le taux et la durée.

Comment effectuer une demande de rachat ?

La procédure peut être initiée via le site lassuranceretraite.fr, ou en appelant le numéro 3960 (0,06 euro la minute en plus du prix de l’appel). Le formulaire de demande doit être accompagné de justificatifs d’identité et du diplôme pour le rachat d’une année d’étude.

Comment payer les trimestres ?

Le rachat de trimestres peut s’effectuer en une ou plusieurs fois, tant que le cumul de 12 trimestres n’a pas été atteint. Le règlement peut s’effectuer « comptant », en un seul paiement, mais un échelonnement mensuel est possible (sur 1, 3 ou 5 ans) selon le nombre de trimestres rachetés.

A savoir : les sommes ainsi payés au titre des rachats de trimestres sont déductibles du revenu imposable !

La réforme des retraites change-t-elle la donne ?

Faut-il tirer un trait sur le rachat de trimestres en vue de l’entrée en vigueur de la réforme des retraites ? Tout dépend de votre âge. Si vous partez à la retraite d’ici 2022, vous n’êtes dans tous les cas aucunement concerné par la réforme en projet : rien ne vous empêche de vous plonger dans une stratégie de rachats. Si vous partez à la retraite plus tardivement au cours des années 2020, la réforme pourrait avoir une incidence sur « l’âge d’équilibre » qui vous permettra d’envisager une meilleure pension : dans ce cas, il est peut-être préférable d’attendre l’issue des débats parlementaires. Quant aux salariés nés à partir de 1975, le projet de réforme prévoit de scinder vos cotisations en deux : ancien puis nouveau régime. Bref : le rachat de trimestres sera probablement encore d’actualité, mais s’y atteler dès à présent est risqué voire hâtif.

Lire aussi : Comment va fonctionner le futur régime de retraite universel

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© MoneyVox / BL / Décembre 2019

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