Le président sortant et la candidate du Rassemblement National s'opposeront à nouveau dimanche 24 avril lors du second tour de l'élection présidentielle. MoneyVox a comparé les propositions des deux candidats pour le secteur des crypto-actifs.

Les cryptomonnaies n'ont jamais été aussi populaires auprès des Français. D'après une étude (1) réalisée par le cabinet KPMG pour l'Association pour le Développement des Actifs Numériques (Adan), les Français seraient plus nombreux à avoir déjà investi dans les actifs numériques (8%), qu'à détenir des actions en direct (6,7%). Mais rien à faire : cryptos, blockchain, et autres NFT restent à ce jour les grands absents d'une campagne présidentielle en partie éclipsée par le conflit en Ukraine.

Et pourtant, l'enjeu est de taille. Toujours selon l'étude de l'Adan, 8% des sondés considèrent que la position des candidats sur les cryptomonnaies pourrait influencer leur vote. Pour 4% d'entre eux, il s'agirait même d'un sujet décisif. De quoi faire basculer la balance, d'un côté comme de l'autre, à l'heure où les candidats n'ont jamais été aussi proches dans les sondages. Mais alors, que pensent les candidats des cryptomonnaies ?

Fiscalité allégée

« La position de Marine Le Pen sur le sujet a beaucoup évolué en cinq ans », observe Bénédicte Augé, experte en cryptomonnaie et analyste chez XTB France. Et pour cause : initialement opposée à ce qu'elle considérait comme un danger pour les libertés individuelles, la candidate du Rassemblement National proposait en 2016 d'interdire les monnaies virtuelles, telles que le bitcoin.

Si elle reconnaît désormais l'utilité du secteur, son équipe estime toutefois que l'univers des cryptomonnaies est « propice aux tromperies, aux erreurs et aux coups de bourse ». Raison pour laquelle Marine Le Pen entend réguler le secteur, en intégrant les cryptomonnaies au régime commun des marchés financiers.

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Son objectif : lutter contre « les manipulations des cours, les délits d'initiés ou les informations trompeuses ». Mais pas seulement. « Actuellement les cryptomonnaies sont taxées au moment de la liquidation des actifs, ainsi que sur la plus-value », détaille Bénédicte Augé. Une double taxation qui devrait disparaître si Marine Le Pen est élue, avec la mise en place d'un régime fiscal allégé.

Métavers européen

Emmanuel Macron, quant à lui, a évoqué son souhait de construire un « métavers européen » pour garantir « l'indépendance culturelle et informationnelle » de la France. Par la suite, le secrétaire d'Etat au numérique Cédric O a précisé sur les ondes de BFM que le président sortant n'envisageait pas de créer un métavers public, mais plutôt d'encourager le développement des technologies sous-jacentes, telles que les moteurs 3D.

A ce jour, le candidat En Marche n'a pas émis d'autres annonces en lien avec les cryptomonnaies. Toutefois, il est possible de deviner au moins en partie sa vision pour l'industrie des crypto-actifs. Dès 2018, le président sortant avait en effet contribué à donner un premier cadre juridique au secteur avec la loi Pacte, et la création du statut de de prestataire de services sur actifs numériques, un agrément délivré aux professionnels du secteur par l'Autorité des marchés financiers. « Emmanuel Macron a pleinement conscience de l'importance stratégique du secteur, et de la nécessité de développer un cadre propice au développement des crypto-actifs pour favoriser l'émergence de nouveaux champions français, comme Ledger ou encore Sorare », confirme Bénédicte Augé.

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(1) Sondage réalisé par l'institut de sondage IPSOS entre le 9 et le 19 décembre 2021, auprès de 2 003 individus âgés de plus de 18 ans, échantillon représentatif de la population française.