Vous pensez que vacances et économies ne font pas bon ménage ? Eh bien nous allons vous prouver le contraire. Cet été, la rédaction vous aide à optimiser votre budget et vos finances. Le troisième volet de cette série se destine aux petits épargnants et à ce livret d’épargne méconnu : le LEP ! Trois, deux, un… c’est parti !

0,24% pour les livrets bancaires fiscalisés, 0,75% pour le Livret A et le Livret de développement durable et solidaire (LDDS)… Sale temps, donc, pour les ménages aux revenus modestes qui peuvent difficilement prendre des risques avec leur épargne. Dans ces conditions, que faire ? Tout laisser sur votre compte courant ? A la lecture des statistiques de la Banque de France, c’est en effet l’option qui domine : durant le seul mois de mai, 13 milliards d’euros supplémentaires ont ainsi été versés sur les comptes à vue.

L’inexploité Livret d’épargne populaire

Ce choix du compte courant est compréhensible, mais acte une chose : avec le retour de l’inflation – 1,2% sur un an en juin d’après les dernières statistiques de l’Insee –, vous acceptez de perdre de l’argent. En effet, placer en deçà du taux de l’inflation signifie que le pouvoir d’achat de chaque euro mis de côté diminue mois après mois. En bref, d’un point de vue purement financier, vous feriez mieux de tout dépenser aujourd’hui, plutôt que d’épargner. Triste constat.

Un fait d’autant plus triste qu’actuellement, bien rares sont les produits sans risque - et faciles d’utilisation pour les petites bourses - à dépasser l’inflation. En fait, parmi les livrets, il n’y en a qu’un : le Livret d’épargne populaire (LEP) rémunéré à 1,25% net. Dommage qu’il soit si peu connu ! « Le nombre de LEP a diminué chaque année depuis 2009, sauf en 2015. Il se replie de 260 000 comptes en 2018, après 170 000 comptes en 2017 », exposait ainsi la Banque de France, début juin, dans son Observatoire de l’épargne réglementée. Autre statistique en ce sens : seulement 1 épargnant en droit d’ouvrir un LEP sur 5 en détient un. Et ce, alors que, parmi les ménages éligibles non détentrices d’un LEP, la moitié d’entre eux possèdent un Livret A.

Pourquoi ouvrir un LEP ?

Pour faire simple, les atouts du Livret d’épargne populaire sont les suivants :

  • Livret d’épargne réglementée oblige, le LEP n’est pas fiscalisé !
  • A 1,25%, il rapporte presque deux fois plus que le Livret A et le LDD, pour rappel rémunérés 0,75%.
  • Et ce sera toujours le cas : la règle de calcul de sa rémunération prévoit que le taux du LEP soit égal à celui du Livret A majoré de 0,50 point.
  • Le Livret d’épargne populaire protège systématiquement de l’inflation. Car, si le taux obtenu avec la règle évoquée ci-dessus est inférieur à la hausse des prix, la rémunération du LEP est alors alignée sur l’inflation. Dans le détail, présentée en juin 2018 dans le cadre de la réforme du Livret A, cette nouvelle condition entrera en vigueur à partir de février 2020.

Un livret chronophage pour les banques

Si le match Livret A et LEP tourne donc autant en la faveur du second, pourquoi le Livret d’épargne populaire n’est-il pas plus souscrit ? Réponse : Le LEP est un produit complexe à gérer pour les banques, ces dernières n’en font donc que peu la promotion. Effectivement, tout le monde ne peut pas détenir ce livret réglementé. Il s’adresse aux foyers modestes. C’est ce qui explique, au passage, son plafond réduit, à 7 700 euros. Concrètement, pour ouvrir un LEP en 2019, votre revenu fiscal de 2017, qui figure sur votre avis d’imposition de 2018, ne doit pas dépasser un montant limite qui dépend de votre situation familiale. Il est ainsi de 19 779 euros annuels si vous vivez seul, de 25 061 euros si vous avez un enfant à charge ou encore de 30 343 euros si vous vivez en couple et sans enfant.

Or, la vérification de votre éligibilité incombe à votre banquier… Ce dernier doit ainsi chaque année vous demander votre avis d’imposition, contrôler que vous êtes bien autorisé à avoir un LEP et, si ce n’est pas le cas, le clôturer et rapatrier l’épargne sur un autre support. Mais cette responsabilité pourrait très vite être partagée entre la banque et les services des impôts. « L’administration fiscale examine, pour une mise en œuvre dans les meilleurs délais, le canal d’information qui se substituerait à la remise auprès de sa banque de la déclaration annuelle de revenus par le client », écrit ainsi la Banque de France dans son dernier Observatoire de l’épargne réglementée.

Imposez le LEP à votre conseiller !

En attendant que l’automatisation du contrôle d’éligibilité monte d’un cran, rien ne vous empêche de demander par vous-même l’ouverture d’un Livret d’épargne populaire. Si vous respectez les conditions requises – revenus, domiciliation fiscale en France, un seul LEP par personne dans la limite de 2 par foyer fiscal – et que votre établissement bancaire le propose, ce dernier ne peut s’y opposer. A noter, si vous êtes client d’une banque en ligne, vous risquez, dans ce cas, de devoir vous adresser à une autre enseigne. A l’exception de Hello Bank, aucune autre banque à distance ne distribue le LEP.

Autre élément à avoir en tête, à l’heure actuelle, ce ne sont pas vos revenus courants qui servent à déterminer votre éligibilité ou non, mais vos revenus de 2017. Du coup, si votre niveau de vie était plus faible il y a deux ans, il est possible que vous puissiez encore aujourd’hui ouvrir un LEP et profiter de son taux attractif durant quelques mois.