L'augmentation de la dotation globale de fonctionnement (DGF) de 320 millions d'euros pour les collectivités territoriales relève de « l'esbroufe communicationnelle, de la poudre de perlimpinpin », a taclé lundi le président de l'Association des maires de France (AMF) David Lisnard.

« Je pense que le gouvernement a tort de répéter ces éléments de langage parce que ça énerve les maires », a estimé le maire LR de Cannes, interrogé sur Public Sénat, à la veille de l'ouverture du congrès de l'AMF.

Élisabeth Borne avait annoncé début octobre cette hausse de la DGF de 320 millions d'euros en 2023 au lieu des 210 millions initialement annoncés.

« On nous dit que 320 millions d'euros c'est formidable, qu'il n'y a jamais eu cet effort depuis treize ans, mais la DGF n'est pas indexée sur l'inflation depuis 2010, ce qui n'est pas normal », a déploré M. Lisnard. « C'est de l'esbroufe », a-t-il insisté.

La dotation « n'est pas un don, une subvention, mais le résultat de transferts de compétences ou de suppressions de fiscalité », a rappelé le patron de l'AMF.

Initiée en 2018, la suppression de la taxe d'habitation sur les résidences principales, perçue au profit des collectivités locales, pourrait par ailleurs se traduire par « un manque à gagner d'1 milliard d'euros », a précisé M. Lisnard, qui va lancer une étude sur le sujet.

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A propos de l'« amortisseur électricité » annoncé fin octobre pour aider les collectivités à faire face à l'explosion des prix, le président de l'AMF a salué en revanche « un changement d'approche d'Elisabeth Borne ».

« Le dispositif qui a été annoncé récemment sur l'amortisseur énergétique, avec 2,5 milliards d'euros, c'est un bon dispositif qui reprend les propositions de l'AMF », a-t-il reconnu, en faisant état de discussions « qui avancent bien » sur sa mise en place.