Les vols en jets privés, au cœur de polémiques pour leur empreinte carbone, bénéficient d'un « régime fiscal injuste », a dénoncé mercredi une ONG spécialisée, appelant le gouvernement français à davantage les taxer.

Pour Transport & Environnement (T&E), organisation basée à Bruxelles, « en imposant une taxe sur les billets et le kérosène, le gouvernement français pourrait générer des recettes d'au moins 660 millions d'euros d'ici à 2030 », revenus qui « pourraient être utilisés pour financer la décarbonisation de l'aviation ».

« Jusqu'à présent, la régulation en France autour des jets privés a été largement insuffisante », a plaidé T&E. « De plus, les propositions européennes autour de la directive sur la taxation de l'énergie sont très incertaines et l'avenir de cette taxe est en question. À moins que le gouvernement français n'agisse pour mettre en place une taxe sur les billets, les jets privés continueront donc à bénéficier d'un régime fiscal injuste ».

Le 25 août, le ministre délégué aux Transports, Clément Beaune, avait affirmé qu'une régulation du secteur des jets privés était à l'ordre du jour et que la question serait examinée lors d'une réunion des ministres européens en octobre.

Les jets privés des milliardaires et célébrités, très polluants par rapport au nombre de passagers réduit qu'ils transportent, font l'objet d'une polémique depuis quelques semaines, les défenseurs de l'environnement appelant à leur encadrement voire à leur interdiction.

Le club de football Paris-Saint-Germain s'est retrouvé lui aussi dans la tourmente pour son recours à un avion lors d'un déplacement à Nantes, qui est à deux heures de TGV de la capitale.

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« L'inclusion des jets dans le mécanisme européen du marché du carbone, comme proposé par le ministre délégué Clément Beaune, ne suffira pas, car le prix incitatif n'est pas assez élevé pour décourager l'utilisation des jets privés (...) Le secteur mérite d'être adressé par des régulations spécifiques au vu de la richesse des utilisateurs », selon T&E.

« Les super riches, qui semblent inconscients de leur impact sur la planète, ont un moyen de payer une partie de leur dette environnementale envers la société. Taxons ces jets et investissons les recettes intelligemment pour diminuer au plus vite l'impact environnemental de l'aviation », a lancé Jo Dardenne, directrice aviation chez T&E, citée dans le communiqué.

L'ONG préconise aussi « l'utilisation obligatoire d'avions à neutralité carbone après 2030 », en recourant à du kérosène d'origine non fossile, dont les filières sont encore balbutiantes aujourd'hui.