Vous avez obtenu un « bonus » ou une rémunération exceptionnelle de votre employeur fin 2021 ? Comment cette prime est-elle imposée ? Où la déclarer ? Tout dépend de sa nature.

La date limite pour déclarer ses revenus est imminente. Les contribuables qui résident dans les départements 55 et au-delà ont encore jusqu'au 8 juin pour effectuer leur déclaration en ligne. Voici comment déclarer vos primes au fisc.

Prime de salaire « classique » : à déclarer

Voici la règle générale : les primes, gratifications ou variables de salaire perçues en 2021 intègrent toutes votre salaire imposable, tout simplement. Si cette prime a été intégrée à votre bulletin de décembre, elle est théoriquement prise en compte dans le « salaire net imposable » annuel figurant sur ce même bulletin, et elle a déjà subi le prélèvement à la source : il vous reste à la déclarer (en vous basant sur le « net imposable » annuel) dans la déclaration avec l'ensemble de vos revenus 2021.

La donne est la même pour une éventuelle « prime de Noël » versée chaque année par l'entreprise, ou pour une prime collective exceptionnelle liée à un événement particulier : ce bonus va augmenter votre « net imposable ».

Seule exception : si vous touché cette gratification ponctuelle en janvier 2022. Alors elle viendra alors grossir votre revenu imposable de l'année 2022. A déclarer, mais au printemps prochain.

Prime Macron : défiscalisée

La « prime exceptionnelle de pouvoir d'achat », aussi appelée « PEPA » mais plus couramment « prime Macron », a une nouvelle fois été reconduite, après avoir été introduite pour la première fois fin 2018 en réponse à la crise des Gilets jaunes.

Il s'agit d'une prime totalement défiscalisée (ni impôt, ni cotisations sociales) mais cet avantage fiscal reste soumis à conditions. Première condition, pour les primes Macron versées en 2021 : vous ne la déclarez pas si elle ne dépasse pas 1 000 euros et si vous ne percevez pas un salaire supérieur à trois Smic (3 800 euros nets environ). La prime défiscalisée - et donc exonérée de déclaration - peut même atteindre 2 000 euros en cas d'accord d'intéressement dans votre entreprise.

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Pour résumer : sauf exception, si vous avez touché une prime Macron en 2021, elle ne vient pas grossir votre « net imposable » sur votre fiche de paie, et ce montant n'a donc pas à être déclaré.

Faut-il intégrer la prime Macron à votre déclaration de revenus ?

Prime d'intéressement ou de participation : cash ou épargne

Tout dépend si vous choisissez de « prendre le cash », en demandant le versement de cette prime, ou si vous choisissez de placer cet argent, l'option par défaut. Selon les entreprises, en cas d'accord existant et de bénéfices suffisants, la participation et/ou l'intéressement sont versés aux salariés en fin d'année calendaire ou au printemps (avant la fin mai).

Intéressement et participation : quelles sont vos options ?

Si vous choisissez de placer cet argent sur un plan d'épargne salariale (PEE, Perco, ou nouveau PER d'entreprise), vous êtes exonéré d'impôt sur le revenu ! La prime brute est tout de même soumise à la CSG-CRDS, mais vous n'avez pas à déclarer ces sommes au fisc.

Si vous réclamez le versement immédiat de tout ou partie de cette prime, elle intègre vos revenus salariaux. Dans le cas d'une prime d'intéressement versée courant ou fin 2021, cette prime est venue gonfler votre salaire de mai 2021 ou votre dernier salaire de l'année. La prime a mécaniquement augmenté votre « net imposable » 2021 : un montant à déclarer au fisc en ce printemps 2022.

Primes de départ : plusieurs cas particuliers

Le cas des indemnités touchées en cas de départ de l'entreprise ou en cas de départ à la retraite est plus complexe.

Concernant le départ à la retraite, l'ex option d'étalement fiscal de la prime de départ n'existe plus depuis 2020, dans le continuité de la réforme du prélèvement à la source. Vous pouvez tout de même utiliser le système du quotient pour limiter l'imposition des revenus de votre année de départ.

Concernant les indemnités de rupture d'un contrat de travail, tout dépend des conditions de départ. Les indemnités légales de licenciement sont totalement exonérées d'impôt. Au-delà d'un certain seuil, et hors plan de sauvegarde de l'emploi, les indemnités de licenciement et indemnités versées à l'occasion d'une rupture conventionnelle peuvent être imposés.

Ces indemnités de départ qui échappent au fisc