Depuis 2020 et le début de l'épidémie de Covid, le télétravail a explosé. Des millions de salariés sont susceptibles d'avoir engagé des frais supplémentaires pour travailler depuis leur domicile. En contrepartie, certains ont reçu des allocations spécifiques de la part de leur employeur. Dans ce contexte, que devez-vous indiquer au fisc dans votre déclaration de revenus ?

C'est une révolution qui peut avoir des conséquences directes sur votre déclaration de revenus. Avec la crise sanitaire, vous êtes des millions d'actifs à avoir basculé du jour au lendemain en télétravail. Et dans nombre d'entreprises, cette nouvelle organisation s'est installée durablement, même avec le recul de l'épidémie.

L'impact financier n'est pas neutre pour les personnes concernées. Entre les frais de chauffage, d'électricité, de fournitures dédiées (mobilier, casque, imprimante, etc.) ou encore de café, la facture mensuelle varie entre 13 et 186 euros par mois, selon une étude du cabinet ConvictionsRH. Comment déclarer ces frais de télétravail ? Voici les différents cas de figure.

Vous avez engagé des frais de télétravail, mais pas perçu d'allocation de votre employeur

Vous considérez que les frais de télétravail n'ont pas été trop élevés ? Il est alors préférable de conserver l'option par défaut, celle de l'abattement forfaitaire de 10% de vos revenus. En effet, le fisc ne calcule pas l'impôt sur le revenu directement sur les salaires déclarés. Il applique par défaut un abattement de 10% sur les revenus professionnels pour prendre en compte, notamment, les frais de déplacements du domicile au lieu de travail, les frais de restauration sur le lieu de travail ou encore l'achat de documentation personnelle non fournie par l'employeur. Et, le cas échéant, les frais liés au télétravail. Pour chaque salarié, le montant de cette déduction de 10% sur les revenus 2021 s'élève au maximum à 12 829 euros.

Exemple : si 20 000 euros sont inscrits en case 1AJ, 2 000 euros de revenus sont considérés comme des frais professionnels et le fisc calculera l'impôt sur la base de 18 000 euros. L'abattement de 10% étant la solution par défaut, vous n'avez rien à faire pour qu'il soit pris en compte.

Si cela est plus avantageux pour vous, vous avez également la possibilité d'opter pour la déduction des frais réels. En ce qui concerne les frais liés au télétravail à domicile, vous avez alors deux options :

  • Déduire un montant forfaitaire équivalent à 2,5 euro maximum par jour de télétravail à domicile, 55 euros par mois ou 580 euros par an.
  • Si cela vous est plus favorable, déduire le montant exact des frais engagés, à condition de pouvoir les justifier.

Vous avez perçu une allocation télétravail

Selon une étude de Sia Partners, plus de 3 000 entreprises avaient mis en place, fin 2021, un accord leur permettant d'indemniser les frais de télétravail de leurs salariés, pour un montant moyen de 2,41 euros par jour.

Le gouvernement l'a confirmé début mars : ces allocations forfaitaires perçues en 2021 sont exonérées d'impôt sur le revenu, à hauteur également de 2,50 euros par jour, 55 euros par mois et 580 euros par an (contre 550 euros en 2020).

Si l'allocation perçue ne dépasse pas ces plafonds, vous n'avez pas à la déclarer. Le montant du revenu imposable prérempli sur la déclaration de revenus, sur la base des informations fournies par votre employeur, ne devrait pas, en principe, l'inclure. Mieux vaut toutefois vérifier, en comparant les montants préremplis avec vos bulletins de paie ou l'attestation fiscale annuelle délivrée par votre employeur.

Impôts 2022 : vos revenus et avantages qui échappent à la déclaration

Attention ! Si votre employeur vous a versé une allocation d'un montant supérieur aux plafonds d'exonération, vous devez être en mesure de justifier que vous avez bien utilisé le montant dépassant le plafond d'exonération pour vos frais de télétravail. A défaut, il vous faut reporter ce surplus dans la case 1AJ « Traitements et salaires » de la déclaration de revenus.

De la théorie à la pratique

Voici un exemple donné par le fisc. Au titre de l'année 2021, M. X a perçu des traitements et salaires pour 60 000 euros et une allocation forfaitaire de son employeur d'un montant de 800 euros (80 euros par mois pendant dix mois) destinée à couvrir ses frais professionnels de télétravail à domicile. En effet, il a effectué 5 jours de télétravail par semaine à compter du 1er mars 2021.

L'allocation perçue par Monsieur X est exonérée pour la partie réputée utilisée conformément à son objet, soit à hauteur de 500 euros, le surplus de 300 euros devant être déclaré en rubrique 1AJ, soit 60 300 euros au total. En revanche, si M. X est capable de prouver que la totalité des 800 euros versés lui ont servi à couvrir, justificatifs à l'appui, des frais professionnels, il n'a pas à reporter le surplus en case 1AJ et laisse 60 000 euros.

Vous avez également la possibilité d'opter pour la déduction des frais réels. Vous avez alors deux possibilités :

  • soit vous faites le choix de ne pas déclarer cette allocation : dans ce cas, vous ne devez pas déduire vos frais liés au télétravail ;
  • soit vous faites le choix de déduire l'intégralité de vos frais de télétravail : dans ce cas, vous devez réintégrer le montant de l'allocation aux traitements et salaires déclarés. Cette solution peut être pertinente si le montant de vos frais dépasse celui de l'allocation.

Quels frais de télétravail pouvez-vous déduire pour la déclaration aux frais réels ?

Dans sa brochure dédiée aux frais de télétravail, l'administration fiscale fournit le détail de ce que vous pouvez déduire :

  • Frais de communication (autres que les frais de téléphone portable) : frais d'abonnement, de souscription à une offre internet, de fonctionnement de téléphonie fixe ;
  • Frais de téléphone portable : frais d'abonnement, de communication et d'acquisition de téléphone portable ;
  • Frais de fournitures et d'imprimés cartouches d'encre, ramettes de papier ;
  • Dépenses d'acquisition de mobilier et matériel informatique pour les besoins de l'activité professionnelle ;
  • Frais de déplacement entre le domicile et le lieu de travail (avec justification de la nécessité des déplacements entre le domicile et le lieu de travail) ;
  • Frais liés à l'utilisation d'un local privé, frais d'électricité, d'eau, de chauffage, d'assurance habitation, de diagnostic de conformité électrique, impôts locaux. Les frais doivent être calculés au prorata de la surface utilisée à titre professionnel par rapport à la surface totale du logement (pour un studio : 50% de sa surface) et au prorata du temps de travail télétravaillé.

Ces frais non déductibles

Le fisc précise bien, en revanche, qu'en cas de déclaration de revenus aux frais réels, « aucun frais de repas n'est admis en déduction pour les jours télétravaillés », ni aucune « déduction des frais de garde d'enfants au titre des frais professionnels y compris lorsque les deux parents télétravaillent ».