L'Union sociale pour l'habitat, qui regroupe les organismes français de logements sociaux, craint une « crise du logement » dans les prochaines années, faute selon elle d'un nombre suffisant de chantiers HLM engagés depuis 2018.

« On paye l'absence d'un discours national porté et incarné sur la nécessité de construire du logement social (...) On est vraiment là en train de constituer les éléments d'une crise du logement pour les années qui viennent », a déploré la présidente de l'USH, Emmanuelle Cosse.

« Les pouvoirs publics, dans 6 mois (après les élections présidentielle et législatives, NDLR), devront comprendre qu'ils auront une crise du logement à gérer dans le prochain quinquennat », a prévenu l'ex-ministre du Logement sous la présidence de François Hollande (2016-2017).

En 2021, le nombre d'agréments, c'est à dire le nombre d'autorisations de créer des logements sociaux, recensés par l'USH est de 92.700 selon les chiffres provisoires, et devrait s'établir définitivement autour de 95 ou 96.000, a précisé sa directrice générale, Marianne Louis.

Le nombre de demandeurs d'une place en logement social est lui de 2,2 millions, a détaillé Emmanuelle Cosse.

L'augmentation des prix du logement dans le parc privé crée en outre davantage de tension, y compris dans des territoires épargnés jusque-là, a-t-elle expliqué, citant par exemple les Pays de la Loire ou l'arrière-pays normand.

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« Ce qu'ils (les bailleurs sociaux, NDLR) voient arriver dans leur file d'attente, ce sont des travailleurs, notamment ouvriers agricoles ou employés, qui jusque-là pouvaient accéder au parc privé », a-t-elle affirmé.

L'USH a en outre annoncé sa volonté d'interpeller début mars les candidats à la présidentielle sur le sujet du logement, aux côtés de la Fondation Abbé-Pierre et de la Fédération française du bâtiment.

« Je ne vois pas comment on peut ne pas mettre le logement au cœur d'un projet présidentiel », a affirmé Emmanuelle Cosse.