La propriétaire d'un appartement dont le plafond s'était effondré sur une locataire enceinte à Marseille a été condamnée, mercredi, à six mois de prison avec sursis pour « mise en danger » délibérée, dans une ville gangrenée par le logement insalubre.

Maria Perez-Morelli, 76 ans, propriétaire de deux appartements dans les quartiers Nord de Marseille, avait loué en avril 2011 un T2, alors qu'un arrêté de péril frappait l'immeuble depuis deux mois.

Des travaux, confiés à une entreprise de peinture, avaient été entrepris par la copropriété de l'immeuble sur la toiture qui prenait l'eau et risquait de provoquer un effondrement des planchers, mais ils n'avaient qu'imparfaitement remédié au problème.

L'arrêté de péril avait été levé le 17 juin 2011 mais dès l'automne, les marins-pompiers étaient intervenus à plusieurs reprises pour des inondations dans les appartements supérieurs, en raison de nouvelles fuites.

Le 4 janvier 2012, l'immeuble était à nouveau frappé d'un arrêté de péril grave et l'évacuation des deux locataires de Mme Perez-Morelli avait été ordonnée.

« Je faisais à manger quand c'est tombé sur le frigo et un autre bout sur le salon », avait indiqué à l'audience Hikmata, la locataire de la personne condamnée.

« On lui fait porter la responsabilité de travaux mal faits dans des parties communes, ce qui relève de l'ensemble des copropriétaires », avait plaidé l'avocat de Mme Perez-Morelli, Me Eric Mery.

Réfutant le terme de « logements indignes », l'avocat avait souligné que les appartements avaient été « refaits à neuf ».

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« Ce dossier est assez révélateur du fonctionnement d'un certain nombre d'investisseurs fonciers à Marseille », avait souligné dans son ordonnance de renvoi le juge d'instruction Matthieu Grand, chargé de l'enquête sur les effondrements d'immeubles en 2018, dans le centre-ville, rue d'Aubagne, qui ont fait huit morts.

« Se rendant acquéreurs de biens immobiliers de petites surfaces dans des arrondissements peu chers, ces propriétaires les rénovent à moindre frais puis les louent à des personnes ou des familles aux revenus modestes voire quasi inexistants, souvent par le bouche à oreille », avait expliqué le magistrat.

« Les immeubles sont souvent vétustes, peu entretenus. A cela s'ajoute le choix d'entreprises peu soucieuses de mener des travaux dans les règles de l'art, sur la base de devis peu élevés validés par des propriétaires soucieux de dépenser le moins possible d'argent tout en rentabilisant leur investissement locatif », avait-il souligné.

Condamnée à verser 3.000 euros de dommages et intérêts pour préjudice moral à sa locataire, Mme Perez-Morelli a par ailleurs été relaxée pour le second locataire après avoir pris des mesures pour qu'il puisse quitter les lieux.