Industriels, collectivités, bureaux d'études... une soixantaine d'acteurs ont adressé jeudi une lettre ouverte au président Emmanuel Macron, plaidant pour que la rénovation énergétique soit rendue obligatoire « lorsqu'elle est intéressante pour les ménages ».

Cette large alliance inclut la CFDT, l'Association des maires de France (AMF), le Crédit Mutuel, l'Association des industries des produits de construction (AIMCC), le Réseau Action Climat, l'association de consommateurs CLCV, ou encore des élus locaux et européens.

« Monsieur le Président, l'incitation actuelle à des gestes de travaux dispersés et non coordonnés gaspille les fonds publics et ne permettra pas d'atteindre les objectifs nationaux 2030-2050. Tout le monde s'accorde sur le fait que sans obligation de rénovation, la transition climatique est vouée à l'échec », écrivent-ils.

Nourris de retours d'expériences de rénovations réussies, ils proposent « un mécanisme innovant », jugé « pragmatique, progressif, et acceptable socialement »: « l'obligation conditionnelle de rénovation performante ».

« Un ménage, y compris très modeste, ne se verrait contraint à la rénovation énergétique que s'il dispose d'offres techniques et d'une proposition financière permettant de préserver ou améliorer son pouvoir d'achat tout en maîtrisant sa trésorerie (économies d'énergie permettant de financer l'emprunt). L'obligation s'élargira à mesure que les entreprises du bâtiment et du secteur financier proposeront des offres plus pertinentes », explique le courrier.

« Deuxièmement, l'obligation vise la performance. Nous demandons que soit inscrite dans la loi une définition adéquate de la rénovation performante : un bâtiment rénové performant est un bâtiment atteignant le niveau BBC rénovation ou équivalent (classe A ou B) », précise-t-il.

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Les signataires proposent « que les acquéreurs de maisons de classes F et G (une centaine de milliers par an) soient systématiquement accompagnés pour choisir les offres techniques et financières les plus pertinentes ». Ils suggèrent « la même démarche dans les copropriétés, quelle que soit leur classe énergétique, lors de faits générateurs comme le ravalement de façade ».

« Les tribunaux viennent de condamner l'État pour inaction climatique », rappelle la lettre. « La Convention citoyenne pour le climat demande une obligation de rénovation. Le Haut conseil pour le climat vous recommande de le faire. Vos parlementaires eux-mêmes sont prêts à prendre leur responsabilité. Qui plus que vous aura cette légitimité à lancer cette dynamique ? », demandent-ils au chef de l'Etat.

Cette proposition est aussi signée notamment par l'Association nationale des Compagnons Bâtisseurs, la Fondation Abbé Pierre, la Fondation Hulot, l'Institut négaWatt, Enercoop, ou le groupe de BTP Rabot Dutilleul.