Le monde HLM n'attend « pas grand-chose » du gouvernement face auquel il a de « grandes craintes », a estimé mardi sa confédération, regrettant notamment l'important prélèvement financier prévu par l'exécutif sur les comptes de l'organisme paritaire Action Logement.

« Les logements qui ne seraient pas réalisés », ou rénovés, « tout ce qui ne sera pas fait aujourd'hui ou en 2021, ou en 2022 (...), ce sera un danger humain », a déclaré Jean-Louis Dumont, président de l'Union sociale pour l'habitat (USH) à l'entame d'une journée de rentrée du secteur.

Celui-ci a dû renoncer à son congrès annuel, l'un des principaux rendez-vous du monde du logement, à cause de la crise, et l'a remplacé par cette journée unique.

C'est la ministre du Logement, Emmanuelle Wargon, qui conclura la journée, et non le Premier ministre, Jean Castex, comme l'espérait le monde HLM jusqu'à ces derniers jours.

Le secteur n'attend « pas grand-chose » de l'intervention de Mme Wargon, a reconnu M. Dumont, soulignant l'arrivée récente de la ministre à son poste - au début de l'été - même s'il a vanté sa « qualité d'écoute. »

En effet, « on sait déjà tout », a-t-il ironisé, alors que le gouvernement compte prélever environ un milliard d'euros sur les comptes de l'organisme Action Logement, géré de concert par le patronat et le syndicat.

A ce titre, le chef de file du monde HLM a ciblé le ministère de l'Economie et sa volonté supposée de « siphonner tous les fonds », regrettant que le chef du gouvernement ne vienne pas s'en expliquer. « Nous avons de grandes craintes si le Premier ministre ne vient pas pour nous dire pourquoi ces attaques contre Action Logement », a insisté M. Dumont.