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Habitat dégradé : une ministre constate « l'ampleur du chemin à parcourir » à Marseille

Mairie de Marseille
Mairie de Marseille - CC JL Zimmermann/Flickr

La ministre du Logement Emmanuelle Wargon a constaté jeudi à Marseille « l'ampleur du chemin à parcourir » pour résorber l'habitat indigne dans la deuxième ville de France, « la partie immergée de l'iceberg » étant remonté à la surface avec le drame de la rue d'Aubagne.

Rencontre avec les représentants de plusieurs collectifs engagés dans la lutte contre l'habitat insalubre, à la Préfecture, puis visite sur place, rue d'Aubagne, la où huit personnes avaient perdu la vie dans l'effondrement de deux immeubles le 5 novembre 2018, et enfin longue visite d'une copropriété privée dégradée : « Je suis venue réaliser ce qui a déjà été fait et l'ampleur du chemin encore à parcourir », a expliqué la ministre.

Sans dissiper totalement le flou autour des montants engagés par l'Etat à Marseille dans la lutte contre l'habitat indigne, Mme Wargon a affirmé qu'« au total, on est au-dessus des 240 à 250 millions d'euros » avec l'Agence nationale de l'habitat (Anah) et l'Agence nationale de rénovation urbaine (Anru).

Une polémique était née en novembre 2019 quand une source au ministère du Logement avait expliqué à l'AFP que sur les 240 millions d'euros de l'Anah annoncés un an plus tôt par l'ancien ministre du Logement, Julien Denormandie, seuls 17 millions avaient été effectivement « payés ou engagés pour la rénovation de Marseille », le solde devant être versé « sur dix ans ».

Reconnaissant que « le problème majeur n'est pas l'accès au financement mais la capacité à déclencher vite les projets » qui peuvent en bénéficier, la nouvelle ministre du Logement a estimé qu'il fallait « retravailler sur ce processus » décisionnel et mieux faire travailler ensemble les différents acteurs impliqués.

Mais pas question pour l'Etat de forcer la main aux partenaires locaux, et notamment à la ville de Marseille, passée à gauche lors des dernières municipales, ou à la métropole, restée elle à droite, Mme Wargon estimant ne pas être là pour « faire pression ».

C'est sur ce point que les collectifs citoyens, désireux que l'Etat « pèse fortement et tape du poing sur la table », ont exprimé leur regret : « Le seul bémol, ce sont ces réponses de l'Etat conditionnées aux futurs échanges avec la ville et la métropole », a expliqué Emmanuel Patris, de l'association « Un centre ville pour tous », à l'AFP.

En visite à la Maurelette, une copropriété privée dégradée de 740 logements, dans le 15e arrondissement, la ministre a souligné l'engagement concret de l'Etat à Marseille, via notamment un Plan initiative copropriétés qui va permettre de réhabiliter 14 copropriétés privées à travers la ville.

« On ne peut pas dire qu'il ne se passe rien », a-t-elle plaidé, évoquant aussi le « très gros » programme partenarial d'aménagement (PPA) avec la ville et la métropole « qui va permettre de réhabiliter jusqu'à 10.000 logements dans quatre îlots prioritaires », ou soulignant cette copropriété privée du 74 rue d'Aubagne « rénovée à 100% par l'Etat et qui sera livrée d'ici six mois ».

Quant à la Société publique locale d'aménagement d'intérêt national (SPLA-IN) entre l'Etat, la ville et la métropole promise par M. Denormandie pour juin 2019, puis la fin 2019, elle a enfin vu le jour, en juin, a confirmé l'entourage de la ministre à l'AFP. Cette structure, base du PPA, est dotée de 217 millions d'euros sur quinze ans, comme l'avait annoncé l'ancien ministre du Logement.

Mme Wargon a enfin fait le point sur les délogés, ces 4.500 personnes évacuées de leurs logements suite à la vague d'arrêtés de péril pris par la ville après le drame de la rue d'Aubagne : si 3.000 sont relogés de façon définitive, 1.000 le sont encore de façon temporaire, et 500 sont encore à l'hôtel.

Mais cette question va se poser durablement, de nouveaux arrêtés de péril concernant une centaine de nouvelles personnes étant pris chaque mois, a précisé la ministre.

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