Elisabeth Borne dans la Manche pour soutenir les populations touchées par le recul du trait de côte

Elisabeth Borne en 2017
CC - EU2017EE Estonian Presidency / Flickr

La ministre de la Transition écologique Élisabeth Borne s'est rendue vendredi à Gouville-sur-mer, pour témoigner de son « soutien » à la population alors que cette commune de la Manche a vu son trait de côte reculer, notamment sous l'effet de la dernière tempête Ciara.

« On a pu montrer ici qu'il faut préparer le moyen terme. Il faut raisonner à trente ans, et en pensant même à ce qu'il va se passer dans la deuxième moitié du siècle, mais évidemment ça ne va pas nous détourner de l'action dans l'urgence », a déclaré Mme Borne, soulignant la mise en place d'un enrochement « qui va donner cinq ans », « le temps de repenser autrement l'aménagement du littoral ».

« On voit qu'ici la mer est plus forte que nous. Il faut aussi réfléchir à ne pas vouloir gagner contre la nature, mais de jouer avec la nature », a également plaidé Mme Borne, évoquant la recréation de cordons dunaires, de prairies ou de forêts pour tenter de limiter l'érosion côtière.

Cette visite ministérielle fait suite à l'annonce mercredi de mesures concernant la protection de populations face aux inondations, au risque de submersion ou encore à l'érosion.

La maire de Gouville Béatrice Gosselin a qualifié de « choc » les marées de septembre et février. « Le trait de côte a considérablement reculé, en un temps impressionnant de rapidité », a-t-elle dit, montrant un parking de camping-car, installé en bord de mer, désormais réduit de plus de sa moitié après la tempête.

« Je savais que l'érosion marine était inéluctable mais pas qu'elle prenne cette ampleur et cette rapidité ! », a ajouté la maire de cette commune touristique d'environ 3.000 habitants.

La ministre, qui a rencontré des élus locaux et des scientifiques, a également rendu visite aux propriétaires d'un camping, tout proche de la mer, où de l'autre côté de la route figure un panneau portant « interdiction de marcher sur tous les ouvrages de défense contre la mer ».

« La roche a bien protégé » le camping lors de la tempête, a reconnu le propriétaire Luc Catherine, qui avait racheté les lieux en 2010, à une époque où les risques d'érosion semblaient très éloignés. « On n'est pas obtus : oui à une délocalisation, mais comment ? Elle ne se fait pas en claquant des doigts », a-t-il argué.

Mercredi, le gouvernement a fait part de son intention de « relocaliser » les logements menacés par l'érosion maritime, soit entre 5.000 et 50.000 habitations estimées d'ici 2100.

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