Sauver l’hôpital public.

SUN

Contributeur régulier
J’ai suivi une émission des Grandes Gueules ce matin et je partage ce lien vers une pétition pour une cause que personne ne laissera indifférent et qui concernera un jour tout le monde.

 

Manu215

Contributeur régulier
Merci SUN de relayer l'info.
Je n'osais pas le faire ici, étant parti prenante dans l'affaire, et c'est bien et important que les usagers s'emparent de ce sujet.
 

SUN

Contributeur régulier
Ce matin, le docteur François Salachas était l'invité des GG et qui avait vivement interpelé le président de la statup-nation lors de sa visite à l'AP-HP, comme on peut le voir dans cette vidéo.

 

CharlyBgood

Contributeur régulier
Oui, certainement faut faire qq chose mais quoi ?
Donner des moyens oui, mais lesquels ? A quels services ? A quelles causes prioritaires ?
Et comment vont réagir les acteurs de la Santé privée ? Les autres corps de fonctionnaires ?
Last but not least, qui paie ?
Pas simple tout ça.

Question de béotien: c'est quoi le Kayros ?
 

hargneux

Top contributeur
On est d'accord sur le diagnostic quel est le remède

La dette publique en France s’est établie à la fin de septembre à 100,4 % du produit intérieur brut (PIB), soit 2 415 milliards d’euros,

Alors qui paie ?
Et si le malade (tous les malades) payait le vrai prix de ses soins pour commencer

Tout le monde veut des moyens mais personne ne veut mettre la main à la poche et la poche France est vide

(Ma fille travaille à Bichat APHP : je suis donc (un peu) concerné)
 

CharlyBgood

Contributeur régulier
Et si le malade (tous les malades) payait le vrai prix de ses soins pour commencer
Impossible: cela serait discriminant économiquement

En revanche je serai d'avis que les patients aient une facture annuelle (récap des soins au coût réel) qu'il ont consommés, genre:

=> vous avez consommé 45 700€ de soins
=> vous avez contribué à hauteur de 2100 € (cotisations sociales+ reste à charge)
=> La collectivité a donc contribué pour vous à hauteur de 43 600€

Mais ça ne répond pas à l'urgence de la situation.

En revanche si j'étais Macron, je dirais:
- banco chiche: je sors le carnet de chqs (enfin surtout la carte de crédit)
- mais à l'horizon de 5 ans (? plus ? Moins ?) je veux que l'Hôpital Public soit réformé sur X, Y et Z points
=> après démerdez-vous pour être viable, organisé, optimisé
 

Manu215

Contributeur régulier
En fait, c'est toujours les mêmes questions qui reviennent, et surtout une : qui doit payer?
C'est évidemment le nerf de la guerre.

Mais avant cela, il faut se poser les bonnes questions, dont celle-ci qui me paraît fondamentale : est-ce que l'hôpital public doit forcément être rentable? Autrement dit, est-ce qu'on peut faire du système de santé, un système qui rapporte de l'argent (ou du moins qui n'aggrave pas la dette publique)?

Pourquoi doit-on se poser la question sur l'hôpital?
Est-ce que les prestations sociales (chômage, allocations,...) sont des systèmes rentables?

Selon la réponse (oui/non), c'est évidemment lourd de conséquences, dans un sens comme dans l'autre.

L'épisode du coronavirus est en train de révéler plusieurs éléments que certains gouvernements commencent à remettre en cause, comme les délocalisations des chaînes de production, notamment celles des médicaments.
Un autre élément est : devant cette épidémie, l'hôpital public pourra-t-il faire face? Perso, je n'ai pas la réponse, mais ce que je sais, c'est que tout le personnel va faire le maximum (si lui-même ne tombe pas malade...;))

Sortir la carte de crédit n'est pas la solution unique. L'hôpital public a déjà, sur 8 ans, fait l'économie de 8 milliards d'euros.
Et chose paradoxale, les services qui ont le plus joué le jeu, en économisant au maximum de leurs possibilités, sont aujourd'hui les plus pénalisés financièrement, car l'effort consenti par le passé est maintenant considéré comme normal. D'où la colère de nouveaux chefs de service qu'on n'entendait jamais se plaindre il y a 5 ou 10 ans.

Après, donner un tarif à chaque acte est difficilement compatible avec le soin. Deux exemples :
- devant un diagnostic difficile, on demande l'avis de ses collègues, on fait des RCP, on lit les derniers papiers, bref... Ce temps, pourtant précieux, qui est de longueur variable, et qui compte pour le patient, n'est jamais pris en compte.
- quand une infirmière doit assurer les soins pour X patients en Y heures, et qu'elle se retrouve devant un patient qui pose beaucoup de questions pour être rassuré, qui fait face aussi aux questions des proches, que doit-elle répondre? Qu'elle n'a pas le temps, car il lui reste X malades à s'occuper, dont un dont elle sait que le soin sera 2 à 3 fois plus long que les autres?
C'est surtout ce ressenti qui est dit aujourd'hui par les para-médicaux : "je ne fais plus mon métier comme je voudrais qu'il soit fait", car l'humain est totalement écarté.

Le risque aujourd'hui, c'est que le métier d'infirmier est devenu tellement compliqué, difficile, éprouvant et mal payé, que les jeunes désertent et se dirigent vers d'autres formations. Et un médecin hospitalier sans infirmiers, il n'est rien du tout.
Dans mon hôpital (650 lits), il manque 50 infirmières. Dans l'autre hôpital du même Groupe Hospitalier (500 lits), il manque 150 infirmières. Les postes sont vacants car il n'y a que très peu de postulants.

Enfin pour terminer avec le secteur privé de la santé, il faut distinguer les médecins de ville et les cliniques privées.

Pour les médecins de ville, on connaît le problème (désertification, raréfaction même en zones urbaines), mais qui peut les obliger à quoi que ce soit? Qui peut les obliger à assurer des consultations les week-ends comme c'était le cas il y a 20 ans? Qui peut les obliger à s'installer dans des endroits où ils ne veulent pas aller? Ce ne serait plus de la médecine libérale, mais au contraire une médecine totalement étatisée.

Pour les cliniques privées, c'est plus simple : devant toute complication post-chirurgicale, elles n'ont pas les structures de prise en charge, donc elles envoient ces patients dans le public. Cela permet aussi de faire diminuer leur taux de "complications post-chirurgicales" (pour faire simple), ce qui les arrange au niveau de leur affichage destiné à leur patientèle.
Restent les EPHAD qui sont totalement sous l'eau, car leurs résidents sont rarement transférés quand les choses s'aggravent. Ils doivent assumer les soins jusqu'au bout avec tout ce que cela implique.

Ce ne sont ici que quelques aspects qui me viennent immédiatement à l'esprit, le problème est très complexe. Mais ça, tout le monde le sait.
 

CharlyBgood

Contributeur régulier
est-ce que l'hôpital public doit forcément être rentable? Autrement dit, est-ce qu'on peut faire du système de santé, un système qui rapporte de l'argent (ou du moins qui n'aggrave pas la dette publique)?
Non dans le principe.
Mais il faut quand même viser l'équilibre de moyen-long terme: on peut se permettre des écarts de court terme (1 à 3 ans)

Ou alors se dire qu'il y a des péréquations possibles: donc on revient au départ, qui paie les déficits des uns ? par les excédents des autres ?
=> voir ci-dessous apparemment

Et alors raison de + pour être efficient !
Inspirons-nous de ce que font les autres, yc à l'étranger: certains systèmes y parviennent, pq pas nous ?
On est pas moins intelligents que les autres, j'en suis certain.

Et chose paradoxale, les services qui ont le plus joué le jeu, en économisant au maximum de leurs possibilités, sont aujourd'hui les plus pénalisés financièrement, car l'effort consenti par le passé est maintenant considéré comme normal. D'où la colère de nouveaux chefs de service qu'on n'entendait jamais se plaindre il y a 5 ou 10 ans.
ça c'est proprement scandaleux et ça doit changer !
 

moietmoi

Top contributeur
Et si le malade (tous les malades) payait le vrai prix de ses soins pour commencer
je ne comprends pas..
Tu proposes que le chômeur cancéreux paye? globalement, en gros, l'individu n'est pas responsable de sa maladie,certains n'auront qu'un rhume au court de leur vie, d'autres seront durement touchés par des affections ou des problèmes génétiques: Qui peut penser que la société doit dire à chacun: tu n'as pas eu de chance, tu as le mauvais numéro?
Last but not least, qui paie ?
Question importante, car le développement de nos sociétés prouvent que les dépenses et ressources consacrées à la santé vont aller en en croissance forte;

Quant à savoir si la santé doit être source de profits ou équilibré, cela me parait aussi hasardeux que de dire que le budget militaire doit être en profit ou équilibré;

C'est une obligation que nous avons; Ceci ne veut pas dire pour autant qu'il ne faut pas que cela soit gérer de manière rationnelle et bien dirigée;
 
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