Qu'est-ce qu'un bon impôt?

Manu215

Contributeur régulier
Certains diront que ce n'est pas possible : un impôt ne peut pas être bon. Par définition.
D'autres diront que tout impôt est bon.
Pour ma part, je suis du genre "en même temps"....;)

En tous les cas, c'est le titre d'un reportage que j'ai vu hier, mené par Jean Quatremer, qui fait un tour d'Europe pour interroger des politiques et des citoyens sur le consentement à l'impôt.
Autant dire que, nous, Européens, sommes loin d'avoir le même avis sur la question.

C'est assez incroyable mais nous sommes, en France, "mentalement" proches du peuple grec qui pourtant subit une imposition énorme par rapport à nous depuis la crise.

Comme quoi, tout est histoire de mentalité, de solidarité, de culture fiscale et de compréhension de ce que fait l'impôt.

J'ai trouvé ce reportage intéressant et instructif, malgré la part de subjectivité -bien légitime- du journaliste : http://www.lcp.fr/emissions/293494-quest-ce-quun-bon-impot
 

paal

Top contributeur
Certains diront que ce n'est pas possible : un impôt ne peut pas être bon. Par définition.
.......
J'ai trouvé ce reportage intéressant et instructif, malgré la part de subjectivité -bien légitime- du journaliste : http://www.lcp.fr/emissions/293494-quest-ce-quun-bon-impot
Alors primo, un impôt qui devient confiscatoire, ne peut être qualifié de bon impôt ....
Hors la France, et sur ce seul critère se trouve sur la première marche du podium ....

Et si l'on souhaite que la population consente à l'impôt, il faut que ce dernier soit bien employé, et comme aura dit la Dame de Fer britannique : j'en veux pour mon argent ; elle avait d'ailleurs forcé le trait en indiquant : I want my money back - soit je veux recevoir au moins ce que j'ai donné ....

Et tant que nous aurons des gouvernants qui mènent grand train, et ne se montreront pas comme des arpagons, le consentement à l'impôt sera difficile, et il y aura toujours des personnes qui iront voir ailleurs et compareront la façon dont ils sont traités, dans un même cadre économique ....

Posez donc la question à un national monégasque, et il vous répondra : c'est quoi, l'impôt (sur le revenu ou toute autre question ....) .... situation vécue .....
 

Manu215

Contributeur régulier
Alors primo, un impôt qui devient confiscatoire, ne peut être qualifié de bon impôt ....
Hors la France, et sur ce seul critère se trouve sur la première marche du podium ....
Mais c'est justement la question posée dans le reportage...;)
D'ailleurs, si vous avez le temps de le regarder, vous verrez que la notion du seuil d'un impôt confiscatoire est bien variable d'un pays à l'autre, pays tout à fait comparables par ailleurs.

Posez donc la question à un national monégasque, et il vous répondra : c'est quoi, l'impôt (sur le revenu ou toute autre question ....) .... situation vécue .....
Mais je vous crois : d'ailleurs, c'est clairement illustré dans le reportage : c'est le premier territoire "étranger" où il va, et au volant de sa voiture, un monégasque lui répond exactement cela! (ou à peu de choses près)
Néanmoins, il y a des impôts indirects comme la TVA.
 

CharlyBgood

Contributeur régulier
Excellent sujet non traité par le "grand débat", et à mettre dans tous les sujets de dissertation économique.
Pour moi un bon impôt c'est 3 choses:
justesse, stabilité, simplicité

Justesse / justice : tout le monde doit participer à l'impôt. De ce point de vue la CSG et la TVA ont qq atours mais bon. Tu trouveras bcp d'économistes qui disent: un bon impôt est celui qui a une assiette (une base) très large, et un taux faible. En France on fait souvent des impôts de niche (souvenez-vous la taxe Hollande à 75%)
La défiance qu'on rencontre aujourd'hui tien t à la fois au niveau de l'impôt et des PS, mais aussi au fait que tout le monde regarde dans l'assiette (sans mauvais jeu de mots) de l'autre: un peu comme dans ces trains/avions où personne n'a le même prix pourtant pour le même trajet. Cela crée de la méfiance et de la suspicion.

Stabilité: alors là en France c'est la fête du slip; je croise bcp de patrons et de DAF (Directeur Financier) qui se foutent de payer bcp d'impôts; ce qu'ils veulent c'est pouvoir l'inclure dans leur stratégie économique notamment d'investissements, que ceux-ci soient personnels ou business d'Entreprise.
Le quinquennat (vs le septennat) est de ce fait, une catastrophe de mon point de vue.
Seul mérite: cela crée des emplois de consultants / avocats fiscalistes etc ...

Simplicité: alors là pareil. Pourquoi ne généralise t-on pas la flat tax ? Avec pq pas un brin de progressivité si on veut. Moi je verrai bien des principes de base très simples et connus de tous:
6 taux d'imposition: 0% (pas d'impôt) 5% (taux faible <) 10% (taux faible >) 15% (taux moyen) 25% (taux "fort moyen") et 35 ou 45% à voir (taux fort >)
Et on pourrait décliner ces taux à toutes les sauces: IR, TVA, succession, IS, etc ... quitte à, si ma grille est trop courte aller jusqu'à 10 taux. Et les seuls leviers politiques seraient de les augmenter / les baisser tous d'un point ou un demi point selon "sa vista"
Regardez l'imposition de l'AV depuis Macron et le 26/09/2017: quel foutoir ? Comment voulez-vous que les classes moyennes inférieures s'y retrouvent? La complexité profite tjs aux plus aisés (les fameux "zézés"), je suis très étonné qu'un pays aux forts accents égalitaristes comme le nôtre n'y trouve pas à redire.
regardez aussi les niches: quel bordel quand on fait sa décla !
On crée des impôts des taxes dans tous les sens et comme on n'assume pas certaines décisions stupides, on crée une niche pour pouvoir y échapper: matière / anti-matière.

Evidemment comme toujours le plus dur n'est pas de réformer, le plus dur est de gérer la transition, et de passer d'un système à l'autre, et de s'occuper de "la queue de la comète": et pour ça, il faut à minima 10 ans
=> 2 quinquennats , je vous fais pas un dessin: c'est impossible, merci Jacques Chirac.

Nous garderons donc nos indécrottables habitudes de Gaulois: pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué. Raymond Barre (ça nous rajeunit pas) disait déjà: notre fiscalité est archaïque. Il avait bien raison, mais iln'a rien peu faire non plus. On continue à empiler les dispositifs les uns sur les autres, sans cohérence, ni même des évaluations dignes de ce nom.
il y a bien la Cour des Comptes qui sort ces rapports chaque année; las, ceux ci servent à caler les armoires ou finissent dans les oubliettes de la République.

Voilà mon analyse de comptoir du jour.
 

moietmoi

Top contributeur
Alors primo, un impôt qui devient confiscatoire, ne peut être qualifié de bon impôt
un pays comme les états unis a trouvé normal pendant près de 40 ans un impôt marginal entre 85 et 94%..... il n' y a donc pas de règles aussi stictes
Et si l'on souhaite que la population consente à l'impôt, il faut que ce dernier soit bien employé
qu'on ait l'impression qu 'il est bien employé, le consentement à l'impôt en France était beaucoup plus fort, lorsque l'impôt était plus fort;(1965-1995),
 

CharlyBgood

Contributeur régulier
qu'on ait l'impression qu 'il est bien employé, le consentement à l'impôt en France était beaucoup plus fort, lorsque l'impôt était plus fort;(1965-1995),
Tu nous parles d'un temps, que les moins de 20 ans, ne peuvent pas connaître ...
Effectivement autre temps, autres mœurs: je rappelle qu'à cette époque:
1°) l'information ne circulait pas aussi vite
2°) les capitaux pareils
=> donc tu pouvais taxer fort
 

Manu215

Contributeur régulier
Je suis assez d'accord pour dire qu'un bon impôt serait sur une assiette très large et faible.
Mais n'est-ce déjà pas le cas de la CSG qui, certes, est un impôt "en plus" de tout le reste...

Et on pourrait décliner ces taux à toutes les sauces: IR, TVA, succession, IS, etc ...
Comment fais-tu techniquement pour appliquer une TVA selon un taux d'imposition? Cela signifie que tout le monde serait en frais rééls? Ce n'est pas une simplification hein...;) (sans compter la fraude bien plus facile à réaliser : cf. les emplois "au noir").
Par contre, appliquer les impôts sur les successions selon un un taux d'imposition, oui, pourquoi pas.
Beaucoup plus difficile aussi sur l'IS.

Enfin, ce post n'était pas pour voir ce qu'on pouvait faire en France. Ce qui m'a frappé dans ce reportage, c'est la différence de comportement des gens selon les pays

Les Grecs ont effectivement de quoi râler : ils sont maintenant très taxés (après des années de fraude et de laxisme), et leur service public est très en-dessous du nôtre.
Les Danois pourraient aussi râler : une TVA de 25% sur tous les produits sans exception, et avec un service public certainement mieux compris que le nôtre. Un impôt à 46% du PIB et ils sont très contents et même fiers de payer l'impôt.
Et au milieu, les Français avec un impôt à 48% du PIB (le plus élevé au monde) qui râlent presque comme les Grecs (encore qu'il n'y a pas de GJ là-bas!!), et qui ont un service public presque comme les Danois.

Alors effectivement, les Danois ne sont pas dans l'UE*. Est-ce le début d'une explication?

Edit : *pas dans la zone euro, merci Buffeto...:)
 
Dernière modification:

Buffeto

Modérateur
Staff MoneyVox
tu es sur de ca ? :cool::)
Depuis la formation de la CEE, le nombre d'États membres de l'UE est passé de 6 à 27 Les membres fondateurs de la Communauté économique européenne, en 1957, sont l'Allemagne , la Belgique , la France , l'Italie , les Luxembourg et les pays bas l Ils sont rejoints en 1973 par trois membres : le Danemark , l'Irlande et le royaume Uni
 
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