Crédit agricole : Non application de la législation bancaire liée au PEL

BoG75

Membre
Titulaire d’un compte épargne logement (PEL) ouvert en 2017 au Crédit Agricole Île-de-France, j’ai clôturé ce dernier le 20 décembre 2025, sans utiliser les droits à prêt qui lui étaient liés. Il est important de rappeler que le PEL est un contrat synallagmatique : il lie les deux parties et, si le client l’alimente comme requis, la banque est tenue de lui octroyer un prêt s’il le demande dans les délais impartis — soit au maximum un an après le retrait des fonds.



Cette obligation s’impose à la banque, qui ne peut s’y soustraire. C’est ce que m’a confirmé le directeur régional du CA IdF, M. X, lors de l’assemblée générale des sociétaires du 24 mars 2026, lorsque je l’ai interpellé sur le sujet.



Pourtant, j’ai été confronté à une situation très différente fin 2025. Le 8 novembre, je me suis rendu à l’agence Gare de Lyon pour un premier rendez-vous afin d’initier une demande de crédit immobilier. Durant un mois, j’ai transmis à la conseillère l’ensemble des documents attendus — parfois à plusieurs reprises, ceux-ci étant manifestement égarés — jusqu’au 9 décembre, y compris des pièces qui ne m’avaient jamais été demandées auparavant.



Le 10 décembre au matin, la responsable de l’agence, que j’avais tenté de joindre la veille par téléphone puis par mail pour évoquer les difficultés rencontrées avec la conseillère, m’a appelé pour me signifier le refus de ma demande de prêt. Le lendemain, ce refus était confirmé par courrier, sans aucune explication.



Or, d’une part un mois s’était écoulé pour la constitution du dossier et il restait onze jours à la banque pour statuer sur sa décision (à noter qu’il y a eu trois simulations de prêt, démontrant la recevabilité du dossier) ; de l’autre, le caractère discrétionnaire derrière lequel les banques se réfugient habituellement ne saurait s’appliquer ici : le PEL est un contrat synallagmatique, et l’obligation d’octroyer le prêt ne laisse pas place à l’appréciation.



La direction régionale, sollicitée par la suite, n’a fait que confirmer la position de l’agence.



Le médiateur du Crédit Agricole — bien qu’extérieur à la banque sur le plan formel, il est désigné et financé par elle, ce qui pose une question légitime d’impartialité structurelle — a été saisi par courrier recommandé le 10 février, puis via le site dédié le 4 avril. Je n’ai reçu aucune information sur la recevabilité de ma demande, contrairement à ses engagements, ni aucune conclusion à l’issue du délai de 90 jours pourtant prévu. La confirmation apportée par M. X lui-même, selon laquelle la banque ne pouvait légalement me refuser ce prêt, n’a pas davantage fait bouger les choses.



Conclusions :

• Le Crédit Agricole connaît la législation bancaire mais s’autorise à ne pas l’appliquer.

• L’obligation de recourir à la médiation avant toute action en justice serait pertinente si le médiateur, désigné et financé par la banque elle-même, offrait une garantie réelle d’impartialité structurelle — ce qui n’est pas le cas.

• L’absence de justification, à chaque niveau de l’institution, constitue en soi un mode de défense pour échapper à une action en justice, ce qui tend à confirmer que la banque craint cette dernière

Je propose à tout client du Crédit Agricole ayant rencontré une situation similaire de me contacter, afin que nous puissions collectivement faire valoir nos droits face à cette banque.
 
Bonsoir,
Il n'existe pas de droit au Crédit en France, quand bien même il s'agit d'utiliser des "droits à prêt", ces derniers étant uniquement des droits à prétendre à l'octroi à un prêt à taux connu à l'avance sous réserve de l'appréciation de la banque.
À titre d'exemple, vous venez avec vos convictions et vos droits à prêt, vous êtes en surendettement la banque est dans le devoir de refuser le prêt. Comme quoi, c'est peut-être plus complexe qu'il n'y paraît.
Maintenant peut-être @Aristide pourra apporter des éléments plus tangibles en la matière pour "remettre l'église sur la place du village" ?
 
[lien réservé abonné].
 
Merci pour le partage de ces liens qui le confirment : nulle part il n'y est écrit que la banque est contrainte à l'octroi du prêt sauf erreur
 
la Cour de cassation a jugé que :
- Lorsque le plan est venu à terme, « le souscripteur peut, dans la limite d’un montant maximum fixé par voie réglementaire, demander et obtenir un prêt correspondant aux intérêts acquis » et qu’aucune disposition ne subordonne ce droit à des conditions tenant à l’endettement de l’emprunteur (1re civ., 27 mai 1986, n° 84-12.135).

- Selon l’arrêt du 03/06/1997 à travers lequel la Cour a décidé que « au terme de la période d’épargne, la banque était tenue, sauf situation de surendettement, d’accorder à Mme X le prêt auquel elle s’était obligée lors de la conclusion du contrat, dès lors que les conditions légales et réglementaires étaient réunies » (1re civ., 3 juin 1997, n° 95-10.593).

Il ne relève donc pas du régime normal de liberté discrétionnaire de la banque d’octroyer ou non un crédit, mais d’un régime spécial où, une fois la phase d’épargne accomplie et les conditions
réglementaires remplies, le prêt est en principe de droit
 
Vous devez forcément avoir raison puisque vous êtes aussi affirmatif.
 
BoG75 a dit:
Vous devez forcément avoir raison puisque vous êtes aussi affirmatif.
Il est vrai que vous êtes d'une grande sobriété dans vos propos 😇
De plus vous avez une connaissance admirable des arrêts des 40 dernières années pour les sortir aussi spontanément, j'en suis bluffé
Vous pouvez m'en citer un qui confirme que, lorsque le taux d'endettement ressort à plus de 40% (mettons 45-50% pour le fun) MAIS que le demandeur n'est pas en surendettement aux yeux de la Banque de France car il n'a pas déposé de dossier devant la commission de surendettement, alors le "régime dérogatoire des prêts PEL" s'imposerait et la banque se devrait de creuser un peu plus l'endettement de son client, sans être inquiétée par ailleurs au titre de ses obligations réglementaires ? Allez, juste 1 pour l'illustration !
 
Bonjour,

Tous les membres peuvent ouvrir une discussion dans ce forum.

Tous les membres peuvent y participer en respectant les règles du forum et apporter une réponse. C'est de droit, même si la réponse ne convient pas à tout le monde.

Cdlt.
 
BoG75 a dit:
Il est important de rappeler que le PEL est un contrat synallagmatique : il lie les deux parties et, si le client l’alimente comme requis, la banque est tenue de lui octroyer un prêt s’il le demande dans les délais impartis — soit au maximum un an après le retrait des fonds.
Il me semble que la banque n'est pas tenue d'octroyer un prêt épargne logement dans au moins deux situations :
- surendettement ;​
- dépassement du taux d'usure (même si il y a un moyen de contourner ce problème).​

BoG75 a dit:
Cette obligation s’impose à la banque, qui ne peut s’y soustraire. C’est ce que m’a confirmé le directeur régional du CA IdF, M. X, lors de l’assemblée générale des sociétaires du 24 mars 2026, lorsque je l’ai interpellé sur le sujet.
Donc ce directeur régional autoriserait un prêt épargne logement à l'un de ses clients même en cas de surendettement ou de dépassement du taux d'usure ?

BoG75 a dit:
le PEL est un contrat synallagmatique, et l’obligation d’octroyer le prêt ne laisse pas place à l’appréciation.
Mais il se doit quand même de laisser de la place à la réglementation.

BoG75 a dit:
Il ne relève donc pas du régime normal de liberté discrétionnaire de la banque d’octroyer ou non un crédit, mais d’un régime spécial où, une fois la phase d’épargne accomplie et les conditions réglementaires remplies, le prêt est en principe de droit
Vous dites que le prêt est "en principe" de droit. Vous êtes donc d'accord que ce n'est pas totalement de droit et qu'il y a des exceptions ?
 
Bonjour;
Je confirme qu’il n’existe aucune obligation pour la banque d’octroyer le prêt, en aucun cas. La banque conserve toujours le droit de ne pas octroyer un crédit. Ça serait par ailleurs absolument ingérable en termes prudentiels.
 
Kizzo a dit:
Bonsoir,
Il n'existe pas de droit au Crédit en France, quand bien même il s'agit d'utiliser des "droits à prêt", ces derniers étant uniquement des droits à prétendre à l'octroi à un prêt à taux connu à l'avance sous réserve de l'appréciation de la banque.
Certes...
En revanche la Banque n'est elle pas tenue de motiver un refus de prêt ?
 
MDacier a dit:
Certes...
En revanche la Banque n'est elle pas tenue de motiver un refus de prêt ?
Elle n'est jamais tenue de motiver sa décision concernant un refus de prêt justement car ce n'est pas un droit.
La.banque est libre de contracter ou non.
La seule exception serait éventuellement le droit au compte, là le refus de contracter doit être motivé.
 
Ok.
Après, ça me semble tout de même la moindre des choses de motiver le refus. Surtout si on n'est pas endetté ou en situation financière fragile...

Si ça m'arrivait (refus sans motivation), ça me pousserait a changer de banque sans en motiver la raison... :rolleyes:
 
MDacier a dit:
Ok.
Après, ça me semble tout de même la moindre des choses de motiver le refus. Surtout si on n'est pas endetté ou en situation financière fragile...

Si ça m'arrivait (refus sans motivation), ça me pousserait a changer de banque sans en motiver la raison... :rolleyes:
Motiver c'est avant tout ouvrir la porte à se faire attaquer pour tout un tas de motif bidons (le client qui estime que son fonctionnement bancaire est bon, que l'endettement est mal calculé, que la forme de l'annonce était brutale...)
Ne rien dire c'est respecter le cadre de sa liberté contractuelle. La décision de la banque est souveraine et c'est plutôt mieux comme ça.
 
Bonjour,
lopali a dit:
Il me semble que la banque n'est pas tenue d'octroyer un prêt épargne logement dans au moins deux situations :
- surendettement ;​
- dépassement du taux d'usure (même si il y a un moyen de contourner ce problème).​
lopali a dit:
Mais il se doit quand même de laisser de la place à la réglementation.
Il y a effectivement un troisième motif qui est le respect des contraintes législatives et réglementaires liées à l'épargne-logement.
MDacier a dit:
En revanche la Banque n'est elle pas tenue de motiver un refus de prêt ?
Kizzo a dit:
Elle n'est jamais tenue de motiver sa décision concernant un refus de prêt justement car ce n'est pas un droit.
SI; un refus de prêt épargne-logement doit être motivé.
c'est l'exception qui confirme la règle.

Cdt
 
Aristide a dit:
Bonjour,


Il y a effectivement un troisième motif qui est le respect des contraintes législatives et réglementaires liées à l'épargne-logement.

SI; un refus de prêt épargne-logement doit être motivé.
c'est l'exception qui confirme la règle.

Cdt
Merci pour ces précisions !
 
BoG75 a dit:
Or, d’une part un mois s’était écoulé pour la constitution du dossier et il restait onze jours à la banque pour statuer sur sa décision
Non.
C'est la date de votre demande de prêt qui doit intervenir avant le 20 décembre 2026 date anniversaire de la clôture de votre PEL.

Ce dépôt de dossier ayant eu lieu le 8 novembre 2025 :
Le 8 novembre, je me suis rendu à l’agence Gare de Lyon pour un premier rendez-vous afin d’initier une demande de crédit immobilier.
=> Il n'y a plus aucun délai - mini ou maxi - pour analyser le dossier, prendre une décision et donner suite.
BoG75 a dit:
Le médiateur du Crédit Agricole — bien qu’extérieur à la banque sur le plan formel, il est désigné et financé par elle, ce qui pose une question légitime d’impartialité structurelle — a été saisi par courrier recommandé le 10 février, puis via le site dédié le 4 avril. Je n’ai reçu aucune information sur la recevabilité de ma demande, contrairement à ses engagements, ni aucune conclusion à l’issue du délai de 90 jours pourtant prévu. La confirmation apportée par M. X lui-même, selon laquelle la banque ne pouvait légalement me refuser ce prêt, n’a pas davantage fait bouger les choses.

Conclusions :

• Le Crédit Agricole connaît la législation bancaire mais s’autorise à ne pas l’appliquer.

• L’obligation de recourir à la médiation avant toute action en justice serait pertinente si le médiateur, désigné et financé par la banque elle-même, offrait une garantie réelle d’impartialité structurelle — ce qui n’est pas le cas.

• L’absence de justification, à chaque niveau de l’institution, constitue en soi un mode de défense pour échapper à une action en justice, ce qui tend à confirmer que la banque craint cette dernière

Je propose à tout client du Crédit Agricole ayant rencontré une situation similaire de me contacter, afin que nous puissions collectivement faire valoir nos droits face à cette banque.
=> Ces précédents échanges sur le sujet pourraient peut-être vous intéresser :
refus prêt 150€ apres clôture PEL/CEL de 2004
https://www.moneyvox.fr/forums/fil/...es-cloture-pel-cel-de-2004.50401/#post-634885
A toutes fins utiles.

Cdt
 
Retour
Haut