Actions Value et hausse des taux

Nucky

Contributeur
Bonsoir à tous,

Avec la menace de l'inflation et de la hausse des taux en 2022, je recherche un moyen de protéger mon portefeuille très orienté croissance. N'ayant pas les compétences d'un "stock picker", je regarde donc du côté des ETF/OPCVM.
En comparant ces trois fonds (ou plutôt en comparant ces deux fonds avec l'Euro Stoxx 600 que je possède déjà)...

Capture d’écran (91).png

... je réalise que l'année 2016 a été particulièrement favorable à l'ETF orienté Value. Mais quelle ne fut pas ma surprise, lorsqu'en en recherchant la raison, j'ai lu que cette même année a vu des taux directeurs plonger et être historiquement bas (on peut toutefois souligner une légère remontée en fin d'année).

Or, si j'ai bien compris, c'est la hausse des taux qui est profitable aux actions Value (et désavantageuse vis-à-vis des valeurs de croissance car gourmandes en capital) : pourquoi alors la Value a-telle surperformé la croissance cette année-là ?

Si des investisseurs présents en 2016 passent par ici ou si d'autres comprennent mieux que moi ce phénomène, je serai ravi d'être éclairé :)
 

poam5356

Modérateur
Staff MoneyVox
Bonsoir,
Il y a taux directeurs et taux obligataires.
Les banques centrales ont la main sur les taux directeurs pour piloter l'économie.
Pour les taux obligataires, c'est différent : C'est le marché qui décide de leur niveau.
Ces derniers ne sont pas représentatifs actuellement à cause de la pression acheteuse exercée par les banques centrales.
En 2016, les uns et les autres étaient au plus bas.
Donc, on écarte l'aspect taux pour expliquer les variations sur les actions.
Mon avis :
2015 est l'année du krach de la bourse chinoise avec effet de contagion sur les marchés occidentaux.
Paris est passé de 5260 à 3995 (-26%) entre juillet 2015 et février 2016 (j'ai repris mes petites notes).
Si on fait une autre comparaison que celle que vous avez faite, en prenant, par exemple, le même ETF mais dans sa version growth et dans sa version value, et que l'on compare leur parcours sur cette période :
La value perd 10% par rapport aux valeurs growth.

Les marchés se sont ensuite repris, et comme les valeurs value de l'indice répliqué sont des grandes valeurs présentes dans les indices européens (beaucoup de bancaires et d'industrielles) en plus grand nombre que les valeurs de croissance : La France est bancaire, donc value, l'Allemagne est industrielle, donc value, l'Italie est industrielle et bancaire, donc value.. Ces 3 pays représentent les 3/4 de l'indice.
Résultat : la reprise des marchés a permis un rattrapage naturel plus important des valeurs value en 2016.... Et c'est sans doute un des effets du recours de plus en plus important aux ETF!!

Value_vs_growth.gif
 

poam5356

Modérateur
Staff MoneyVox
Pour compléter mes propos, je viens de trouver un récap de l'année boursière 2016 :
"CAC40 : les tops de l’année 2016
la médaille d’or 2016 au sein du CAC40 reviendra à ArcelorMittal (+80% depuis le début de l’année au 20 décembre), alors que le sidérurgiste occupait le 11 février dernier la dernière place de l’indice avec une chute de 32% enregistrée en seulement six semaines. Magie des pourcentages : depuis ce creux de février, ArcelorMittal a ainsi rebondi de 170% en Bourse.

En 2016, ce type de parcours boursier a été celui de la quasi-totalité des valeurs des secteurs de l’industrie et des matières premières, notamment des valeurs liées au pétrole.

La médaille d’argent 2016 au sein du CAC40 revient ainsi à Technip (+46% après être tombé à -20% en janvier),

L’année de tous les excès sur les valeurs bancaires
Mi-février, les trois banques du CAC40, BNP Paribas, Société Générale et Crédit Agricole, perdaient chacune près de 30% en bourse, signant un début d’année catastrophique.
Le fait que BNP Paribas (+16%), Société Générale (+10%) et Crédit Agricole (+9%) se dirigent vers une clôture d’année en hausse confortable relève ainsi du miracle

CAC40 : les flops de l’année 2016
Les plus mauvaises performances ont été réalisées par des valeurs traditionnellement considérées comme « défensives », qui résistaient mieux que la moyenne en début d’année.
La plus forte baisse au sein du CAC40 reste celle de Nokia (ex-Alcatel-Luent), qui enregistre une performance de -28% depuis le début de l’année. "
 

Nucky

Contributeur
Bonjour @poam5356 ,
Il y a taux directeurs et taux obligataires.
Les banques centrales ont la main sur les taux directeurs pour piloter l'économie.
Pour les taux obligataires, c'est différent : C'est le marché qui décide de leur niveau.
Ces derniers ne sont pas représentatifs actuellement à cause de la pression acheteuse exercée par les banques centrales.
En 2016, les uns et les autres étaient au plus bas.
Merci pour cette précision, ce n'est pas la première fois que je fais la confusion. D'ailleurs, la "règle" ne veut-elle pas que ces deux types de taux soient décorrélés ? Si les taux directeurs montent, les taux obligataires baissent et vice versa ?
Mais j'imagine que ce mécanisme ne s'opère pas du jour au lendemain et qu'ils peuvent parfois sur une période se rejoindre ? Comme en 2016 ?
Donc, on écarte l'aspect taux pour expliquer les variations sur les actions.
Mon avis :
2015 est l'année du krach de la bourse chinoise avec effet de contagion sur les marchés occidentaux.
Paris est passé de 5260 à 3995 (-26%) entre juillet 2015 et février 2016 (j'ai repris mes petites notes).
Si on fait une autre comparaison que celle que vous avez faite, en prenant, par exemple, le même ETF mais dans sa version growth et dans sa version value, et que l'on compare leur parcours sur cette période :
La value perd 10% par rapport aux valeurs growth.
Merci à nouveau pour ce point macro / marché de l'époque, qui me manquait afin de comprendre le tableau dans sa totalité, ainsi que ce retour sur les tops/flops de l'année 2016...une année mouvementée !
Les marchés se sont ensuite repris, et comme les valeurs value de l'indice répliqué sont des grandes valeurs présentes dans les indices européens (beaucoup de bancaires et d'industrielles) en plus grand nombre que les valeurs de croissance : La France est bancaire, donc value, l'Allemagne est industrielle, donc value, l'Italie est industrielle et bancaire, donc value.. Ces 3 pays représentent les 3/4 de l'indice.
En comparant la composition de l'Euro Stoxx 600 et celle de l'ETF value, j'ai d'ailleurs été frappé par la prépondérance de ces deux secteurs : seules la taille et la valorisation des entreprises les composant changent.
Résultat : la reprise des marchés a permis un rattrapage naturel plus important des valeurs value en 2016.... Et c'est sans doute un des effets du recours de plus en plus important aux ETF!!
Dans le contexte actuel, donner une couleur plus cyclique via un ETF value à un portefeuille orienté croissance fait-il sens selon vous ?
J'ai observé la dernière rotation sectorielle du printemps 2021 sans rien mais je me dis aujourd'hui qu'anticiper un minimum équilibrant davantage mon PF n'est peut-être pas si déconnant.
 

Jeune_padawan

Contributeur régulier
Bonjour,
D'ailleurs, la "règle" ne veut-elle pas que ces deux types de taux soient décorrélés ? Si les taux directeurs montent, les taux obligataires baissent et vice versa ?
En théorie ils sont liés :
1642335230956.png
Taux FED en violet et 10 ans US en bleu. UT Semaine.

Par contre les taux obligataires ne sont pas représentatifs actuellement car comme l’explique poam les banques centrales achètent via QE ces obligations.

Pour faire simple sur le QE : Le gouvernement américain va émettre une obligation 10 ans sur le marché primaire qui va être achetée par une banque. La FED va ensuite racheter cette obligation à la banque contre du cash.
Le bilan de la FED est remplie de ces obligations d’État et les banques ont transféré le risque.

Si la FED réduit son bilan ou arrête d'acheter les obligations, les banques vont devoir les garder dans leurs bilans et donc porter le risque. Or le risque se rémunère en finance donc les taux 10 ans US augmentent.

Si cela vous intéresse le bilan de la FED : https://www.federalreserve.gov/monetarypolicy/bst_recenttrends.htm
ET https://www.federalreserve.gov/monetarypolicy/bst_fedsbalancesheet.htm

Bilan de la BCE (fin 2020) : https://www.ecb.europa.eu/pub/annua...b.annualaccounts2020~0508aea2f9.fr.html#toc14
 
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poam5356

Modérateur
Staff MoneyVox
Merci pour cette précision, ce n'est pas la première fois que je fais la confusion. D'ailleurs, la "règle" ne veut-elle pas que ces deux types de taux soient décorrélés ? Si les taux directeurs montent, les taux obligataires baissent et vice versa ?
Les taux obligataires montent parce que les prêteurs anticipent une hausse de l'inflation, et veulent s'en protéger en demandant des taux plus élevés.
@Jeune_padawan montre très bien dans son post que la période actuelle est totalement décorrélée de la réalité :
7% d'inflation aux US et un 10 ans à 1,8%. Jamais le différentiel n'a été aussi élevé. La raison est celle exposée par @Jeune_padawan
En faisant disparaître ses achats mensuels, et en allant au delà puisque le dernier rapport de décembre de la FED laisse entrevoir une réduction du stock accumulé par la FED.
C'est l'inverse du Quantitative Easing (QE) : La Fed envisage de procéder, quand elle aura terminé ses achats d'obligations, à un Quantitative Tightening (QT), autrement dit une réduction de la quantité de liquidités au sein de l'économie.
Ceci n'était pas prévu par les marchés, auquel il faut ajouter entre 2 et 4 hausses de taux cette année.
pour reprendre les propos d'un économiste : "Avec un QT par-dessus le marché! Cela commence à faire beaucoup."

Malgré tout, les taux obligataires montent en anticipation de ces perspectives qui prennent corps parce que l'inflation est là, et bien là.
Dès que les 1ères mesures vont commencer à porter leurs fruits, on peut penser que les taux vont repartir à la baisse, alors que la FED sera encore loin d'en avoir terminé avec ses mesures de resserrement.
Ils vont repartir à la baisse parce que l'activité économique va décroître. C'est à dire que l'on aura passé le point haut de l'activité économique. Moins d'activité économique signifie une inflation qui va baisser... Et donc les taux obligataires vont refluer. Un scénario défavorable pour les cycliques, et très favorable pour les valeurs de croissance.


Dans le contexte actuel, donner une couleur plus cyclique via un ETF value à un portefeuille orienté croissance fait-il sens selon vous ?
Ben oui.... Mais pas le faire dans 3 mois, avec le risque d'arriver au plus haut.
C'est ce que j'avais écrit dans mon CR de portefeuille de fin décembre :
"Alors, en 2022, on fait quoi?
Reste que la décision de la Fed de relever les taux, mais aussi de la Banque d’Angleterre qui vient de le faire, met sous pression, en Bourse, les entreprises du secteur de la "tech" qui, pour financer leur croissance, ont besoin d’emprunter.
"Si nous nous dirigeons vers un environnement dans lequel les taux d'intérêt montent, les valeurs à forte croissance vont devenir moins attirantes", explique Dennis Dick, trader chez Bright Trading LLC. Florian Roger, responsable de la recherche chez Exane Solutions, prédit une rotation vers les valeurs "value" l’an prochain.
J'ai décidé d'alléger un peu la tech au profit de valeurs cycliques, banques et automobile en tête."


Ce que je n'avais pas prévu, ni personne d'ailleurs, c'est la rapidité et la violence des mouvements intervenus en bourse depuis le 1er janvier.
Malgré tout, depuis le début d'année, j'augmente la part des cycliques, bancaires, automobile, et industrielles dans une moindre mesure. Et je ne suis pas encore arrivé à ma cible... Je vais continuer les renforcements sur les cycliques.
 

Aristide

Top contributeur
Bonjour,
Si la FED réduit son bilan ou arrête d'acheter les obligations, les banques vont devoir les garder dans leurs bilans et donc porter le risque. Or le risque se rémunère en finance donc les taux 10 ans US augmentent.
Plus que la crainte d'un risque de défaillance sur des obligations d’État, l'incidence sur l'évolution des taux liée au QE/arrêt QE s'explique par le déséquilibre qui en résulte sur l'offre et la demande des titres concernés

C'est ainsi que l'explique d'ailleurs la Banque de France :
COMMENT CELA FONCTIONNE ? Dans le cadre du QE, les achats massifs par la banque centrale portent sur des titres de dette, communément des obligations. En réalisant ces achats, la banque centrale crée de la monnaie : elle achète ces titres contre de la monnaie nouvellement créée.

Ces achats massifs entrainent une forte hausse de la demande des titres concernés. Cela a pour effet de faire augmenter leur prix et donc, mécaniquement, baisser leur rendement, c’est-à-dire les taux d’intérêt y compris à long terme

https://abc-economie.banque-france.fr/sites/default/files/medias/documents/qe_092021.pdf
Et l'inverse ( = "arrêt QE" - à fortiori le "resserrement quantitatif QT") conduit au résultat contraire:
Puisque le "coupon" (les intérêts) des obligations reste fixe, si le prix d'achat sur le marché secondaire augmente, le taux de rentabilité de ladite obligation chute ainsi qu'expliqué ci-dessus.

C'est ainsi, que par un effet indirect, les épargnants/investisseurs peuvent être tentés de se tourner vers le marché secondaire des actions (et/ou autres actifs) désormais jugé d'un meilleur rapport rentabilité/risques.

https://www.moneyvox.fr/forums/fil/record-du-cac-40.43304/#post-441375
Cdt
 

Nucky

Contributeur
Un grand merci @poam5356 , @Jeune_padawan et @Aristide pour vos réponses : beaucoup d'informations et de définitions à aller chercher et à digérer donc je vais essayer de "résumer" pour tout clarifier dans mon esprit :

Post krach covid, la FED a débuté son Quantitative Easing afin de soutenir l'économie en cette période difficile. Dans cette orientation "dovish", les banques centrales peuvent donc baisser les taux directeurs pour faciliter l'accès au crédit pour les sociétés et/ou de racheter les titres de dette émis par les entreprises ou par les états. Ces rachats ont pour conséquence la création de nouvelle monnaie (on dit que "la planche à billets tourne"). Pour schématiser : l'état va émettre une obligation de x années sur le marché primaire -> une banque va racheter cette obligation -> les banques centrales vont ensuite racheter cette obligation à la banque contre du cash.
En outre, ces rachats induisent une forte demande des titres en questions, donc une hausse de leur prix. Mécaniquement, leur rendement diminue : les taux obligataires baissent.
Enfin, toutes ces liquidités injectées dans l'économie créent à terme de l'inflation.

Si l'inflation est modérée, "tout va bien" : la hausse des salaires entraîne une hausse de la consommation et ainsi plus d'activité pour les entreprises, qui en plus voient leurs marges réduites et leur croissance favorisée par le boost conféré par la nouvelle monnaie citée plus haut. Les actions se portent bien.

Si la hausse de l'inflation est plus violente (comme actuellement), c'est l'effet inverse.

Donc si je comprends bien , actuellement, les taux obligataires, suite au QE des banques centrales ces derniers mois, devraient être bas.
Néanmoins, ils repartent à la hausse : c'est pourquoi vous parliez de décorrélation ?

Ils repartent à la hausse car les prêteurs veulent se protéger de l'inflation qui est bien présente et anticipent les perspectives de Quantitative Tightening qui se traduisent par une hausse des taux directeurs pour rendre l'accès au crédit moins facile et l'absorption d'une partie des liquidités qu'elle a préalablement distribuées.
Ces mesures sont donc prises pour lutter contre l'inflation en essoufflant l'économie : on parle alors d'orientation hawkish des banques centrales.

(C'est terrible, en écrivant ces lignes, j'ai l'impression d'un gigantesque serpent qui se mordrait la queue avec des mesures prises pour relancer l'économie suite à un cygne noir, mesures qui entraînent alors une inflation contre laquelle on lutte en opérant l'exact inverse du procédé qui a permis de relancer l'économie en premier lieu. Avec des investisseurs qui se doivent de slalomer entre les mesures prises, les différentes prévisions et aussi et surtout la psychologie des autres investisseurs qui influence tout autant le marché que les difficultés précédemment citées).

Donc si le plan QT fonctionne : l'activité économique sera revue à la baisse, au même titre que l'inflation et par conséquent les taux obligataires vont diminuer.

On retrouvera alors le schéma de base avec des taux directeurs hauts / taux obligataires bas (?)

Est-ce que dans l'ensemble, mes propos sont corrects ?

J'ai pris la liberté "d'affirmer" les choses dans ce résumé mais vous vous doutez bien que je ne suis pas sûr de mes propos, c'est simplement que c'aurait été moins plaisant à lire si les paragraphes avaient été truffés de points d'interrogation.
 

poam5356

Modérateur
Staff MoneyVox
Enfin, toutes ces liquidités injectées dans l'économie créent à terme de l'inflation.
Auraient dû créer de l'inflation, parce que le QE ne date pas de 2020.
Beaucoup se sont interrogés sur le pourquoi du "pas d'inflation" alors que les banques centrales ont été ultra accommodantes depuis des années et des années.
Les causes déflationnistes structurelles en sont probablement la raison :
Vieillissement des populations des pays développés, mondialisation, et progrès rapides de la numérisation des entreprises et de la technologie digitale en générale qui améliore considérablement la productivité des entreprises.

Si l'inflation est modérée, "tout va bien" : la hausse des salaires entraîne une hausse de la consommation et ainsi plus d'activité pour les entreprises, qui en plus voient leurs marges réduites et leur croissance favorisée par le boost conféré par la nouvelle monnaie citée plus haut. Les actions se portent bien.
Oui, on va dire que c'est le scénario idéal.

Si la hausse de l'inflation est plus violente (comme actuellement), c'est l'effet inverse.
Oui, scénario catastrophe.

Donc si je comprends bien , actuellement, les taux obligataires, suite au QE des banques centrales ces derniers mois, devraient être bas.
Ils le sont... 1,8 sur le 10 ans US avec 7% d'inflation, c'est gigantesquement bas.

Ils repartent à la hausse car les prêteurs veulent se protéger de l'inflation qui est bien présente et anticipent les perspectives de Quantitative Tightening qui se traduisent par une hausse des taux directeurs pour rendre l'accès au crédit moins facile et l'absorption d'une partie des liquidités qu'elle a préalablement distribuées.
Pas tout à fait juste.
- Les marchés avaient acté l'arrêt du QE d'ici fin du T1 2022. Cela signifie que la FED absorbe encore des emprunts et injecte toujours des USD dans l'économie, mais de moins en moins, avec une fin probable en mars, me semble-t-il
- Les marchés avaient acté 3 hausses des taux directeurs de la FED à la suite de la fin du QE.
- Le Quantitative Tightening n'était pas prévu par les marchés. C'est le 3ème étage de la fusée restrictive de la FED. C'est tout simplement l'inverse du QE.
Et là, pris au dépourvu, les marchés ont vu rouge début janvier.


Ces mesures sont donc prises pour lutter contre l'inflation en essoufflant l'économie : on parle alors d'orientation hawkish des banques centrales.
Oui

Donc si le plan QT fonctionne : l'activité économique sera revue à la baisse, au même titre que l'inflation et par conséquent les taux obligataires vont diminuer.
Oui

On retrouvera alors le schéma de base avec des taux directeurs hauts / taux obligataires bas (?)
Oui (taux obligataires bas.. Je ne sais pas, mais des taux obligataires qui baissent).
La FED a alors une marge de manoeuvre pour relancer l'économie par la baisse de ses taux directeurs, si jamais il le faut.

Est-ce que dans l'ensemble, mes propos sont corrects ?
Oui, c'est assez bien vu, et résumé.
 

Nucky

Contributeur
Auraient dû créer de l'inflation, parce que le QE ne date pas de 2020.
Beaucoup se sont interrogés sur le pourquoi du "pas d'inflation" alors que les banques centrales ont été ultra accommodantes depuis des années et des années.
Les causes déflationnistes structurelles en sont probablement la raison :
Vieillissement des populations des pays développés, mondialisation, et progrès rapides de la numérisation des entreprises et de la technologie digitale en générale qui améliore considérablement la productivité des entreprises.
D'accord, je n'avais pas compris que le QE remontait à si loin.
Ils le sont... 1,8 sur le 10 ans US avec 7% d'inflation, c'est gigantesquement bas.
Ok, donc malgré les anticipations des prêteurs voulant se protéger de l'inflation, les taux sont encore très bas du fait d'une FED accommodante ces dernières années.
Pas tout à fait juste.
- Les marchés avaient acté l'arrêt du QE d'ici fin du T1 2022. Cela signifie que la FED absorbe encore des emprunts et injecte toujours des USD dans l'économie, mais de moins en moins, avec une fin probable en mars, me semble-t-il
- Les marchés avaient acté 3 hausses des taux directeurs de la FED à la suite de la fin du QE.
- Le Quantitative Tightening n'était pas prévu par les marchés. C'est le 3ème étage de la fusée restrictive de la FED. C'est tout simplement l'inverse du QE.
Et là, pris au dépourvu, les marchés ont vu rouge début janvier.
Je pensais naïvement que l'on passait du QE au QT sans transition...un peu trop binaire comme vision donc. Merci pour ces précisions.
Oui, c'est assez bien vu, et résumé.
A nouveau un grand merci pour toutes ces informations qui me permettent d'y voir plus clair !
 
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