Le ministre de la Transition écologique Christophe Béchu a défendu vendredi une nouvelle aide aux consommateurs d'énergies fossiles, cette fois pour les Français qui se chauffent au fioul, justifiant un « écart » de la trajectoire climatique afin d'éviter les « récifs sociaux ».

« Les énergies fossiles sont les premières responsables du réchauffement climatique, donc plus vite on en sort mieux on se porte », a déclaré le ministre sur RTL. « Mais on peut faire preuve parfois de subtilité de nuances et, la priorité cette année, telle qu'elle a été jugée, notamment par le Parlement où les forces politiques sont diverses, c'est de considérer que le soutien au pouvoir d'achat mérite de prendre un peu de retard sur certains éléments climatiques ».

Le ministre était interrogé sur une aide votée par le Parlement cet été, pouvant aller jusqu'à 200 euros et qui sera versée à partir de novembre à environ la moitié des Français qui se chauffent au fioul, soit 1,4 million de personnes, selon le ministre des Comptes publics Gabriel Attal jeudi.

« Je plaide pour qu'à partir du moment où on a un cap clair, on puisse faire quelques écarts, si on se rend compte qu'on a des récifs sociaux, pour éviter là aussi de dresser les Français les uns contre les autres », a poursuivi M. Béchu, à condition que « ces aides ponctuelles » ne deviennent pas « des signaux contreproductifs ».

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« L'aide au fioul a été imposée par la coalition des oppositions. On est en train de faire en sorte de la mettre en œuvre, en y intégrant les granulés bois de ceux qui se chauffent avec des pellets notamment, parce qu'il y a eu une explosion des prix », a-t-il annoncé. Selon lui, « si on n'aide que ceux qui utilisent des énergies fossiles en ne donnant pas un coup de main à ceux qui, avec les mêmes niveaux de revenus, ont d'ores et déjà choisi des modes plus respectueux de l'environnement, on envoie un mauvais signal dans le mauvais signal ».

M. Béchu s'est par ailleurs élevé contre les « polémiques » environnementales quotidiennes, notamment sur les jets privés. « Si on prend les choses par le petit bout de la lorgnette, qu'on en profite pour faire de la chasse aux riches ou pour au contraire essayer de monter les Français les uns contre les autres, on va à l'encontre de cette trajectoire climatique », a fustigé le ministre, tout en appelant à ce que chacun prenne sa part.

« Ce n'est pas parce que l'appartement d'à côté brûle avec des flammes plus importantes que vous ne commencez pas à éteindre le vôtre », a-t-il déclaré.