Le gouvernement a essuyé un nouveau revers à l'Assemblée lundi avec le vote d'un soutien à hauteur de 230 millions d'euros pour les foyers se chauffant au fioul, face à l'inflation, lors de l'examen des mesures pour le pouvoir d'achat.

L'exécutif a tenté tant bien que mal de défendre une mesure plus ciblée à destination des ménages modestes avec 50 millions d'euros prévus sur le sujet. Mais l'amendement du LR Jérôme Nury a été voté par 164 voix contre 153, avec l'alliance des oppositions Nupes, LR et RN, nouvelle illustration des difficultés des macronistes en l'absence de majorité absolue au Palais Bourbon.

Jérôme Nury (Orne) a souligné « l'urgence de la situation », y compris pour les « classes moyennes », plaidant pour une « aide temporaire et exceptionnelle ».

« Une partie de ce Parlement ne se rend pas compte de la situation d'urgence sociale sur le fioul », a soutenu le RN Jean-Philippe Tanguy.

La socialiste Claudia Rouaux a estimé qu'il y avait « énormément de familles qui ont du mal à remplir leurs cuves », avec parfois « dix chèques » successifs pour étaler les paiements de centaines d'euros.

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Chez LREM, Mathieu Lefèvre a jugé que le « fioul » est un « sujet évident » pour l'hiver à venir mais « ne peut pas être traité à la volée avec un amendement à 230 millions d'euros dont on ne connaît pas les critères » et qui n'est « pas précis ».

Un précédent couac avait eu lieu samedi soir avec la décision de l'Assemblée, contre l'avis du gouvernement, d'allouer 120 millions aux départements pour compenser la hausse du RSA.

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire s'était dit « stupéfait de voir des parlementaires qui n'ont que le mot rétablissement des finances publiques à la bouche engager de telles dépenses publiques ».