La croissance des crédits accordés par les banques de la zone euro au secteur privé est restée stable en février, toujours tirée par les prêts aux entreprises, a indiqué jeudi la Banque centrale européenne.

Les crédits aux entreprises non financières et aux ménages de la zone euro, ajustés de certaines opérations strictement financières, ont progressé de 4,5% en février sur un an, comme en janvier, continuant de bénéficier de taux historiquement bas.

Dans cet ensemble, la croissance des prêts aux entreprises industrielles et commerciales a atteint 7,1%, après 6,9% en janvier et 7,1% en décembre.

La hausse des prêts aux ménages s'est elle stabilisée à 3,0%, inchangée par rapport à janvier, toujours sur un an.

L'augmentation de l'agrégat M3, utilisé par la BCE comme indicateur avancé de l'inflation, a de son côté légèrement reflué, à 12,2%, après 12,4%, janvier, selon le communiqué.

La pandémie de Covid-19 contribue à cette croissance forte et continue de la masse monétaire, en poussant à une hausse des dépôts bancaires des ménages.

Comme décidé lors sa réunion de politique monétaire de mars, la BCE a accéléré le rythme hebdomadaire de ses rachats de dette sur le marché – de 50% sur la semaine du 11 au 17 mars, net des échéances, à 21,1 milliards d'euros – face à l'envolée des taux obligataires aux Etats-Unis causée par des craintes de surchauffe de son économie.

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L'institut européen craint que cette hausse, répliquée dans une moindre mesure sur les emprunts en zone euro, menace par ricochet de renchérir le coût du crédit pour les entreprises et ménages.

Cela serait nuisible au moment où les économies encaissent le choc de restrictions prolongées face à la pandémie tandis que la campagne de vaccination peine à monter en puissance, selon la BCE.

Dans ce contexte, « nous ne pouvons pas être complaisants » et la BCE reste prête à « ajuster tous (ses) instruments, le cas échéant » pour aider l'activité et in fine faire remonter l'inflation vers le score idéal proche de 2%, a souligné sa présidente Christine Lagarde dans une note de blog publiée lundi sur le site de l'institut.