Voiture, électroménager, travaux… Vous avez une dépense importante à faire, mais pas l'argent nécessaire sur votre compte bancaire. S’il est courant de négocier un crédit immobilier, la mise en concurrence s’impose, aussi, pour votre prêt à la consommation. Et cette négociation débute souvent dans votre salon !

Actuellement, un quart des Français remboursent au moins un crédit à la consommation, d’après le dernier Observatoire des crédits aux ménages publié début février par la Fédération bancaire française. Si la majorité de ces prêts ont été contractés directement auprès d’une banque ou d’un établissement de crédit spécialisé, 9% des Français l'ont souscrit en magasin auprès d’un vendeur au moment de faire un achat conséquent ou en payant avec la carte de crédit de l’enseigne.

Plus facile à obtenir, le crédit en magasin ne peut pas être négocié. « En grande distribution, la distribution du crédit relève d’un traitement assez standardisé, avec un questionnement qui peut être insuffisant sur les capacités de remboursement », souligne Olivier Gayraud, juriste pour l’association de consommateurs Consommation Logement et cadre de Vie (CLCV). Dans les enseignes commerciales, en magasin ou sur leur site de e-commerce, le client a toutefois généralement le choix entre plusieurs solutions de financement dont au moins un prêt amortissable et une proposition de crédit renouvelable. C’est d’ailleurs une obligation légale. A partir de 1 000 euros, le magasin proposant du renouvelable est en effet légalement tenu de proposer aussi un crédit classique.

En commerce ou en ligne, le crédit renouvelable en dernier recours

« Le client repart chez lui avec un instrument potentiellement dangereux »

Toutefois, le crédit renouvelable reste mis en avant. « Certains professionnels contournent cette obligation d'alternative au crédit renouvelable en proposant la carte de fidélité du magasin, qui est souvent associée à un crédit renouvelable. Lors du premier achat, l’enseigne fait cadeau des intérêts. Mais, le client repart chez lui avec un instrument de crédit onéreux qu’il pourra utiliser pour ses dépenses suivantes », déplore Olivier Gayraud. En effet, ces cartes peuvent être de vraies cartes bancaires utilisables au comptant dans n’importe quel magasin ou à crédit , avec le prêt renouvelable, lorsque son titulaire ne dispose pas des fonds suffisants.

Aussi baptisé crédit permanent, le crédit renouvelable fonctionne comme une réserve de trésorerie dans laquelle il est possible de puiser au gré de ses besoins et qui se reconstitue au fil des remboursements. Problème : le taux d’intérêt assorti est variable et dépasse souvent 20%, le taux maximum pour ce type de crédit. Un taux 2 à 4 fois plus élevé que celui applicable pour un prêt amortissable classique ! C’est pourquoi, avant même de s’interroger sur la possibilité de négocier, il est primordial de bien être attentif à la nature du crédit à la consommation en train d’être souscrit. Et rappelez-vous que si le crédit renouvelable est discret et pratique, car une fois contracté le client peut l’utiliser sans rien demander à personne, c’est le mode de financement le plus onéreux, juste après le découvert bancaire.

Entre le crédit renouvelable et le paiement comptant, s’insère de plus en plus un troisième mode de règlement : le paiement fractionné par carte bancaire, en 3, 4 voire 10 fois avec ou sans frais. Cette solution, moins couteuse qu’un crédit renouvelable, peut être disponible en magasin comme sur les sites de e-commerce, via des établissements de crédit spécialisés comme Floa Bank ou Ménafinance partenaire de Darty. Ainsi, chez Darty, le coût de ce financement revient à 1,5% du montant total de la commande pour un paiement en 3 fois et à 2,2% du montant total de la commande pour un paiement en 4 fois. Cette alternative au crédit classique ou renouvelable est limitée aux achats d’un faible montant, par exemple, entre 150 et 2 000 euros chez Darty. Elle ne s’adresse donc pas à toutes les transactions.

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« Le mieux est d’anticiper »

C’est pourquoi « le mieux est d’anticiper, recommande le juriste du CLCV. Vous prévoyez de faire un achat important, renseignez-vous en amont sur les financements possibles et notamment auprès de votre banque ». Et là, la mise en concurrence, voire la négociation, deviennent possibles.

Première étape : rendez vous sur les sites internet des comparateurs, mais aussi directement sur ceux des établissements spécialisés (Banque Casino, Cofidis, Sofinco, Oney Bank, Younited Credit…) afin d’effectuer des simulations de prêt. Pensez également aux banques en ligne. Ces dernières peuvent proposer des offres attractives mais qui nécessitent le plus souvent l'ouverture d'un compte bancaire, voire d'être déjà client depuis quelques mois.

Attention aux « pièges » des simulateurs en ligne

Les barèmes des établissements de crédit regorgent de subtilités. Il ne faut donc pas vous arrêter à une seule simulation : faites varier le montant emprunté, la mensualité et la durée du prêt, tout en restant cohérent avec votre capacité d’endettement. Car en empruntant quelques centaines d’euros de plus ou de moins, ou en remboursant un peu plus vite, il est possible que le coût du prêt évolue considérablement.

Illustration ce 23 février 2021 chez Cetelem. Pour un crédit travaux de 4 000 euros remboursés en 14 mois, le taux d’intérêt proposé est de 8,99%, hors assurance, avec une mensualité de 301,38 euros. Si vous pouvez payer des échéances un peu plus élevées – précisément de 335,14 euros – et ainsi solder votre emprunt en 12 mois, le taux d’intérêt baisse alors à 1%. Et le coût total du crédit est divisé par 10. Le montant total des intérêts s'élève à près de 22 euros, contre 220 euros avec la formule sur 14 mois.

Des simulations en ligne pour négocier avec son banquier

En ligne, vous êtes seul et suivez le parcours de souscription. La discussion sur les taux est donc impossible. En revanche, la proposition de financement obtenue par ce biais peut devenir un argument de négociation à faire valoir auprès de votre banque.

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En effet, après cet état des lieux, l’étape suivante consiste à solliciter votre banquier. Comme pour un prêt immobilier, l’un des objectifs de la négociation est d’abaisser le taux d’intérêt. La marge de négociation est bien plus élevée pour un prêt à la consommation que pour un crédit immobilier, nous assurait récemment un conseiller bancaire d'un groupe mutualiste. Si la proposition de crédit de la banque est décevante ou si elle refuse de s’aligner sur la concurrence, vous pourrez alors vous adresser à un autre établissement ou à l’enseigne en ligne la mieux-disante.

Mais le taux n’est pas le seul paramètre à prendre en compte… Le coût total de votre crédit ne dépend pas uniquement de ce pourcentage. Outre les intérêts, les établissements bancaires peuvent également faire payer des frais de dossier qui peuvent être négociés. La banque peut aussi suggérer de prendre une assurance emprunteur, avec un argument massue : protéger vos proches si vous décédez ou si, à cause d’un problème médical, vous ne parvenez plus à payer vos mensualités. Mais l’assurance emprunteur, facultative, peut renchérir les mensualités de plusieurs dizaines d’euros. « Le rapport à l’assurance est personnel. A l’emprunteur de voir si elle lui est utile ou non », souligne Olivier Gayraud du CLCV.

Pris indépendamment, ces divers frais complexifient la comparaison de deux offres de prêt. C’est pourquoi la législation impose aux établissements de crédit de communiquer un indicateur synthétique, le taux annuel effectif global (TAEG), qui tient compte de la totalité des frais occasionnés. C’est donc en comparant les TAEG (sur des durées de remboursement identiques) qu’il est possible de départager plusieurs propositions de financement.

Mais la négociation n'est pas encore terminée. Au cours de la vie du crédit, d’autres charges sont à prévoir et donc à anticiper, comme des pénalités en cas de remboursement anticipé. Lorsque vous versez plus de 10 000 euros (calculés sur 12 mois) pour solder tout ou partie des échéances restantes, la banque peut en effet vous facturer jusqu’à 1% de la somme remboursée. Bien que plafonné, le montant de cette pénalité reste contractuel, « elle peut donc aussi en théorie se négocier », rappelle Olivier Gayraud.

En résumé,

Si possible, il est important d’anticiper avant de faire une dépense importante qui nécessite un emprunt. Car, une fois en magasin, votre champ des possibles se réduit et vous risquez de rentrer chez vous avec un crédit renouvelable dans la poche ou avec un prêt personnel dont vous n’avez pas pu négocier les conditions.

C’est pourquoi, avant de prendre ce crédit, il est mieux d'évaluer en amont les offres de financement auxquelles vous pouvez prétendre. Établissements spécialisés, banques en ligne, agences bancaires… Les acteurs du prêt à la consommation sont nombreux. Mettez-les en concurrence !

Muni de ces premières propositions, prenez ensuite rendez-vous avec votre conseiller bancaire. Dans l’idéal, il est en effet plus confortable de s’endetter dans sa banque actuelle. Votre banquier le sait. Donc les solutions alternatives que vous avez trouvées en amont peuvent faciliter la discussion.

La négociation avec votre banquier ne s’arrête pas au taux d’intérêt. Durée du crédit, assurance emprunteur, report d’échéances, indemnités de remboursement anticipé… les paramètres de discussion sont nombreux.

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