Toute banque qui restreint le crédit aux entreprises ou aux particuliers sera dénoncée publiquement et l’État ne lui prêtera plus d’argent. Nicolas Sarkozy a prévenu jeudi les établissements bancaires, qui ont signé, selon lui, un « pacte moral » avec la nation. Le chef de l’État a confié ces tâches de contrôle et de sanction à René Ricol, médiateur du crédit.

L’État craint la réduction du crédit par les banques et brandit la menace de ne plus leur prêter d’argent en cas de restriction avérée. Nicolas Sarkozy l’a exprimé jeudi dans une réunion avec les préfets, les trésoriers payeurs généraux et les représentants des principales banques.

« Que ceux qui ont pris tous les risques hier ne viennent pas accumuler trop de prudence aujourd’hui pour que, après la crise bancaire, on ait une crise économique », a-t-il déclaré.

Pour empêcher l’assèchement du crédit aux entreprises et aux particuliers, le chef de l’État a nommé René Ricol, commissaire aux comptes, au poste de médiateur du crédit. Sa mission consiste à vérifier sur le terrain les engagements pris par les banques lors de l’attribution par l’État des prêts à leur égard. René Ricol affirme ce vendredi, qu’il a la possibilité de « couper le robinet du crédit aux banques » au cas où elles-mêmes « coupent le robinet du crédit ».

L’État veut rester vigilant. Nicolas Sarkozy a en effet expliqué aux banquiers qu’en cas de non-respect de ce « pacte moral », « les Français demanderaient des comptes à qui ? Pas à vous mais à nous, à moi. »

Correspondants départementaux

René Ricol va avoir un relais dans chaque département. Par les correspondants départementaux de René Ricol, la puissance publique surveille au plus près les agences bancaires mais se met aussi à la disposition des acteurs économiques : « Il n’y a pas une seule entreprise qui aura un problème ou un souci de financement qui sera sans quelqu’un pour l’aider à trouver une solution », souligne le médiateur du crédit. Concernant les particuliers, « la question des prêts-relais (…) va être traité. »

Dénonciation publique

Pour les banques, le pacte moral implique aussi, d’après Nicolas Sarkozy, que celles-ci vérifient « que chacun de (leurs) collaborateurs, dans la dernière des agences, le respecte. » Le Président de la République les a mises en garde: « René Ricol ne devra pas hésiter à aller à la télévision et devant les médias pour dénoncer les exemples de restrictions inacceptables de crédit dans chaque département et de la part de chaque établissement. » Le médiateur du crédit considère, lui, qu’« on ne sera pas conduit à cette extrémité », persuadé de la conscience des banquiers de leur responsabilité vis-à-vis de l’économie française.