Des experts ont mis en garde vendredi contre les conséquences de la montée du chômage sur l'accession à la propriété, demandant que l'assurance qui permet de faire face aux mensualités d'un crédit immobilier en cas de perte d'emploi soit généralisée.

La remontée du chômage et la précarisation croissante des salariés (chômage partiel, progression de l'intérim...) ont entraîné "un recul rapide de la primo-accession", relève l'Association pour la promotion et l'étude du logement des salariés (APELS) dans un communiqué.

Selon elle, après une baisse de plus de 11% en 2008, la primo-accession a reculé de près de 20% en 2009.

Cette chute est la principale cause de la baisse de la construction observée entre 2007 et 2009, a expliqué l'économiste Michel Mouillart, professeur d'économie à l'université de Paris X-Nanterre, lors d'une conférence.

La crise économique touche aussi les personnes qui ont déjà acheté un bien et peinent à rembourser leur crédit.

Deux millions de Français seront touchés par le chômage ou ses effets collatéraux à l'horizon 2010, selon M. Mouillart.

Parmi eux, 500.000 personnes, qui ont accédé à la propriété, sont ou vont être touchées par la crise, 150.000 sont en train d'abandonner leur projet et 75.000 vont devoir revendre leur bien à perte, at-il estimé en se basant sur une enquête menée par l'institut CSA.

"C'est une question de grande ampleur et il faut agir vite", a souligné l'économiste.

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L'APELS préconise la généralisation de l'assurance perte d'emploi, qui couvre les mensualités d'un crédit immobilier en cas de chômage.

Actuellement, seuls 10,9% des accédants à la propriété ont souscrit une assurance de ce type, selon l'association.

Un amendement devrait être prochainement déposé en ce sens, a déclaré à l'AFP Bernard Loth l'un des fondateurs de l'APELS. Il préconise que cette assurance soit neutre dans le budget des ménages sous la forme d'un crédit d'impôt.