La Bourse de Paris a terminé en nette baisse de 0,85% mardi, face à la perspective d'un resserrement monétaire de la part de la banque centrale américaine qui a fait remonter les taux d'intérêt.

L'indice vedette CAC 40 a lâché 60,38 points à 7.044,62 points, enregistrant une quatrième séance de baisse d'affilée, ce qui n'était plus arrivé depuis la mi-août. La veille, il avait perdu 0,10%.

La cote parisienne a commencé la journée en baisse, inquiète quant à l'évolution de la pandémie en Europe, où la recrudescence des cas pousse les autorités à prendre des mesures de restriction.

Les autorités américaines ont ainsi conseillé à leur population d'éviter de se rendre en Allemagne et au Danemark, frappés de plein fouet par la nouvelle vague.

« Les investisseurs craignent de voir le retour de certains confinements, couvre-feux, qui sont des restrictions qui peuvent automatiquement entraver la reprise et la croissance », commente auprès de l'AFP Philippe Cohen, gérant de portefeuilles chez Kiplink Finance.

Mais pour l'instant, il constate une « résilience de la croissance », dans la dernière publication du cabinet IHS Markit : la croissance de l'activité du secteur privé en France s'est accélérée au mois de novembre grâce aux services.

M. Cohen reste optimiste quant à la reprise : « Les modes de consommation ont tellement évolué que même avec des restrictions sanitaires, un consommateur peut passer par d'autres canaux de distribution qui sont aujourd'hui bien huilés ».

Les actions ont par ailleurs été pénalisées par une nette hausse des taux d'intérêt sur le marché obligataire, dans le sillage des anticipations d'une hausse prochaine des taux directeurs de la Réserve fédérale (Fed).

Le président Joe Biden a décidé lundi de reconduire Jerome Powell à sa tête. Ce dernier a assuré que la Fed agirait pour que l'inflation ne « s'enracine pas ».

Après une poussée du rendement sur l'emprunt à deux ans et dix ans américain lundi, les taux européens ont suivi : le dix ans français s'établissait désormais à 0,12% alors qu'il était proche de 0% vendredi.

La tech en souffrance

Dans le sillage de la hausse des taux obligataires, les valeurs de ce secteur à Paris ont significativement reculé : STMicroelectronics de 3,96% à 43,90 euros, Téléperformance de 3,39% à 347,60 euros et Capgemini de 2,84% à 205,40 euros.

Dans un contexte de hausse des taux d'intérêt, les investisseurs se détournent normalement des actions technologiques, car elles ont besoin d'emprunter à taux bas pour générer la croissance sur laquelle se base leur valorisation en Bourse.

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Vivendi dit non à KKR

En réponse à l'offre de rachat du fonds américain KKR, Vivendi, actionnaire principal de Telecom Italia (TIM), a déclaré n'avoir « aucune intention de céder sa participation » dans la société. L'action Vivendi a cédé 0,58% à 11,20 euros.

Rapprochement belge au sein d'Orange

La filiale belge de l'opérateur de télécommunications Orange (+0,84% à 9,94 euros) a annoncé être « en négociation exclusive » pour acquérir près de 75% du capital de l'opérateur belge VOO, une opération estimée à plus d'un milliard d'euros.

Trigano freine brutalement

Le numéro un européen du camping-car Trigano a plongé de 10,48% à 155,50 euros après la publication de ses résultats. Le groupe a prévenu dans ses perspectives que « la forte progression de la demande ne se traduirait pas par une augmentation proportionnelle des ventes en raison des difficultés d'approvisionnement », qui pourraient durer au-delà du premier semestre. Les analystes d'Oddo BHF ont aussi baissé la recommandation du titre à « neutre », selon l'agence financière Bloomberg.