La Bourse de Paris est attendue en hausse à l'ouverture mardi, résistant à la pression de la flambée des prix du pétrole et à la nette baisse des marchés américains la veille.

Le contrat à terme de l'indice CAC 40 avançait de 0,35% une quarantaine de minutes avant l'ouverture. Lundi, il avait baissé de 0,61% à 6.477,66 points, proche de son plus bas en deux mois touché le 20 septembre.

« Il reste encore beaucoup de liquidités dans le système », ce qui est « une forme de protection contre de fortes périodes de baisse », explique Alexandre Neuvy, gérant privé à Amplegest.

Car depuis la fermeture de la cote parisienne lundi, plusieurs indices ont flanché, du Nasdaq américain à coloration technologique (-2,14%), jusqu'aux places d'Asie mardi, où la Bourse de Tokyo plongeait de près de 3% à la mi-séance.

Les craintes s'intensifient en Chine sur les géants de l'immobilier, Evergrande en tête. La cotation de l'entreprise aux 260 milliards d'euros de dette est suspendue depuis lundi dans l'attente d'une annonce de « transaction majeure ».

« Il est évident, à ce stade, que les déboires d'Evergrande ne sont que l'arbre qui cache la forêt », assure Christopher Dembik, directeur stratégie et macro-économie de Saxo banque.

Le promoteur immobilier chinois Fantasia, acteur de marché certes moins important, est à son tour dans la tourmente après avoir manqué à ses obligations de paiement sur 205,7 millions de dollars de sa dette lundi. L'agence de notation Fitch a dégradé son évaluation de B à CCC-, une décision qui souligne la possibilité d'un défaut.

« Le marché boursier ne renouera pas durablement avec la hausse tant que les inquiétudes concernant l'état réel du marché immobilier chinois n'auront pas été levées », estime M. Dembik.

La Chine ne compte toutefois que pour une part des préoccupations des investisseurs, qui surveillent également la forte hausse des prix du pétrole.

Les cours du pétrole se sont de nouveau envolés lundi après le maintien par l'Opep+, la réunion des membres de l'organisation des pays producteurs de pétrole et leurs alliés, de son calendrier de relèvement très progressif de la production, le WTI américain s'inscrivant au plus haut depuis 2014 et le Brent depuis 2018.

Ces hausses de prix fragilisent les marges des entreprises, alors que plusieurs pays d'Europe et d'Asie font déjà face à des problèmes d'approvisionnement en énergie.

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« La progression sans fin du prix du baril de pétrole » mais aussi les « interrogations américaines », notamment la « pression sur le plafond de la dette » qui est négociée actuellement au Congrès, contribuent aussi au climat d'aversion au risque, souligne John Plassard, responsable de l'investissement chez Mirabaud.

Parmi les indicateurs attendus aujourd'hui par les investisseurs, on compte notamment les PMI de septembre en zone euro et aux Etats-Unis.

Parmi les valeurs à suivre mardi

Crédit Agricole débute un nouveau programme de rachat d'actions, « pour un montant maximum de 500 millions d'euros ». L'opération doit se terminer au plus tard le 28 janvier 2022, et vient après une première opération de plus de 550 millions d'euros de rachat d'actions.

Le champion français du cloud OVHcloud (informatique dématérialisée), qui veut faire son entrée en Bourse le 15 octobre, a proposé un prix d'action compris entre 18,5 et 20 euros, le valorisant entre 3,5 et 3,75 milliards d'euros.