La Bourse de Paris a terminé en nette hausse (+0,98%) jeudi, restant optimiste plutôt que de s'inquiéter de la réduction à venir du soutien de la Réserve fédérale américaine ou du ralentissement de la croissance en Europe.

L'indice phare CAC 40 a gagné 64,98 points à 6.701,98 points, après deux séances consécutives de nette progression.

« On est toujours dans un marché de momentum », où les investisseurs, optimistes, continuent de miser sur les actions qui ont progressé récemment, estime Charles Monot, président et gérant de Monocle AM.

Ce qui pousse les « valorisations vers des niveaux toujours très très élevés », « jusqu'à ce qu'un prétexte provoque une correction », s'inquiète-t-il.

Les investisseurs ont commencé la séance en digérant la décision de la Fed de la veille, à l'issue de sa réunion de politique monétaire.

L'institution a fait un pas de plus vers la normalisation de sa politique monétaire, en confirmant qu'elle pourrait « bientôt » commencer à réduire son soutien monétaire à l'économie. Elle envisage également de relever ses taux directeurs plus tôt que prévu, dès 2022 et non pas en 2023.

Une nouvelle positive dans le dossier Evergrande, géant chinois de l'immobilier, a généré un certain soulagement sur les marchés.

Le président de ce conglomérat ultra-endetté, dont la possible faillite pourrait ébranler l'économie, a appelé le groupe, qui fait face jeudi à une nouvelle échéance de remboursement, à « tout mettre en œuvre » pour honorer ses engagements, a rapporté la presse officielle.

« Les marchés se sont affolés sur Evergrande mais après une nouvelle positive ça repart », constate M. Monot, peu étonné et peu inquiet puisque selon les observateurs auxquels il se fie « la dette d'Evergrande ne représente que 2% de la taille du marché de la dette chinoise et aucun autre promoteur immobilier n'est dans la situation d'Evergrande ».

Les marchés boursiers, européens comme américains, ont ainsi affiché de belles progressions, « malgré les preuves que l'économie au sens large ralentit », relève Michael Hewson, analyste chez CMC Markets UK.

En effet, l'activité du secteur privé dans la zone euro a ralenti pour le deuxième mois consécutif, selon un indicateur du cabinet Markit. Et l'agence financière S&P Global Ratings a révisé à la hausse ses prévisions de croissance pour la zone à 5,1%, contre 4,4% précédemment.

En France, la croissance de l'activité du secteur privé a encore été freinée en septembre par les tensions sur les chaînes d'approvisionnement des entreprises. L'indice Flash composite du cabinet IHS markit est ainsi tombé à son plus bas niveau depuis cinq mois.

L'automobile avance

Retraite : épargnez en payant moins d'impôts. 11 contrats comparés

Les valeurs automobiles faisaient bonne route, « elles font partie de ces actions, disons, à la mode, que les investisseurs achètent quand les marchés progressent et qu'ils vendent les jours où ça va moins bien », explique M. Monot.

Renault est monté de 2,83% à 30,02 euros et Stellantis de 1,21% à 16,75 euros. La révision à la baisse des objectifs annuels de l'équipementier Faurecia ne suscitait pas de remous, le titre a pris 6,69% à 40,37 euros. Valeo a également bondi de 8,39% à 23,26 euros.

Valneva étend les essais cliniques

Le titre Valneva a grimpé de 5,74% à 14,01 euros après que le fabricant français de vaccins a annoncé le début du recrutement d'adolescents pour son candidat vaccin inactivé contre le Covid-19 et la poursuite de ses discussions avec la Commission européenne concernant un potentiel contrat de fourniture.

Premier pas d'Exclusive Networks

Pour son premier jour de cotation, l'action du distributeur français de solutions de cybersécurité a terminé à 19 euros, soit une baisse de 5% par rapport au prix d'entrée fixé à 20 euros la veille. Cette introduction en bourse a permis à Exclusive Networks de lever 365 millions d'euros.