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Les marchés européens persistent dans leur mauvaise tendance

Le Palais Brongniart
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Les marchés européens ont enchaîné une seconde séance de baisse importante vendredi, au terme d'une semaine riche en résultats d'entreprises et indicateurs économiques qui ont montré toute l'étendue de la crise.

Madrid a enregistré le recul le plus important, de -1,70%. Il est suivi par Londres (-1,54%), Paris (-1,43%), puis Milan (-0,71%) et Francfort (-0,54%).

Wall Street évoluait en ordre dispersé : à 18H16 (16H16 GMT), l'indice vedette Dow Jones Industrial Average perdait 0,89% et l'indice élargi S&P 500 0,25%. En revanche, le Nasdaq, à forte coloration technologique, montait de 0,13%.

« Le marchés n'ont plus d'énergie pour monter dans l'immédiat car les résultats sont tombés » montrant l'ampleur de la crise économique, note auprès de l'AFP Frédéric Rozier, gestionnaire de portefeuille à Mirabaud France.

« Aux Etats-Unis les valeurs technologiques fonctionnent bien » à l'image des bons résultats globaux des Gafa dévoilés hier, ce qui leur permet de « tirer le marché américain », mais ce n'est « pas suffisant » pour les places européennes, bien moins dotées en valeurs technologiques.

Selon lui, le marché est passé « dans une phase de contraction » pour les prochains jours, en l'absence de nouveaux catalyseurs positifs. « Le soutien macroéconomique, comme le budget européen, ou l'action des banques centrales ont déjà été actés. »

Ces aides, comme celle renouvelée de la réserve fédérale américaine cette semaine, permettent néanmoins aux marchés de limiter l'ampleur de cette correction, qui ne sera « pas énorme », estime M. Rozier.

« Nuages noirs »

Les publications de PIB ont encore montré des chutes vertigineuses. Après les États-Unis et l'Allemagne jeudi, la zone euro dans son ensemble a suivi vendredi, tout comme la France, le Portugal ou l'Italie.

L'Italie a d'ailleurs vu les taux de sa dette remonter de manière notable dans la journée, un peu plus que ceux de l'Allemagne.

Plus préoccupant pour l'avenir, selon M. Rozier, des « nuages noirs » sont apparus de nouveau aux Etats-Unis en raison de la crise sanitaire : la confiance des consommateurs s'est nettement détériorée en juillet, tandis que les dépenses des ménages ont moins augmenté que prévu en juin. La veille, les nouvelles demandes d'allocation chômage aux États-Unis ont, elles, progressé.

Les élus démocrates et républicains du Congrès n'ont pas réussi à se mettre d'accord à temps sur le montant et la durée d'une prolongation de l'aide supplémentaire accordée aux millions de chômeurs.

Le bond spectaculaire en juillet de l'activité économique dans la région de Chicago, à forte dominante manufacturière, n'a pas été suffisant pour inverser le sentiment du marché.

Cette situation illustre un « contraste », selon William De Vijlder, économiste en chef chez BNP Paribas, entre « un optimisme prudent » chez les entrepreneurs européens et « les ménages dont la confiance a cessé de s'améliorer ».

La pandémie de Covid-19, qui a fait au moins 673.909 morts dans le monde, n'est toujours pas maîtrisée, mais « le marché passe un peu au-dessus de ces nouvelles, alimenté par les espoirs d'un traitement venant de divers laboratoires pharmaceutiques » selon M. Rozier.

Au niveau des valeurs, le secteur automobile a fini en bas du tableau, que ce soit Continental (-3,98% à 82,56 euros), Daimler (-3,11% à 37,40 euros), Volkswagen (-3,25% à 125,00 euros) ou BMW (-2,60% à 54,70 euros) en Allemagne, ou encore Renault (-7,86% à 20,06 euros) ou Peugeot (-3,19% à 13,64 euros) à Paris.

A Londres, l'opérateur télécoms BT a perdu 8,60% à 98,58 pence, et s'attend à souffrir de l'impact du Covid-19 jusqu'à la fin de son exercice 2020-2021 avec des résultats attendus en baisse.

Les producteurs d'or ont en revanche profité de la nouvelle progression du métal précieux, qui fait office de valeur refuge pour des investisseurs inquiets. Fresnillo a pris 1,99% à 1.232,50 pence et Polymetal International 0,99% à 1.895,00 pence.

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