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La Bourse de Paris dans le rouge (-2,69%), les Etats-Unis inquiètent

Palais Brongniart à Paris en 2004
CC - Wikimedia commons / Pol

La Bourse de Paris renouait avec les pertes (-2,69%) jeudi matin, les investisseurs s'inquiétant de la propagation de l'épidémie de coronavirus aux Etats-Unis, malgré l'adoption la veille d'un plan de relance historique par le Sénat américain.

A 09H20 (08H20 GMT), l'indice CAC 40 reculait de 119,08 points à 4.313,22 points. La veille, il avait fini en nette hausse de 4,47%.

« La tendance négative du matin est à mettre sur le compte de la propagation quasi incontrôlée du virus aux Etats-Unis et en particulier à New York, qui se confine de plus en plus », a souligné dans une note John Plassard, spécialiste de l'investissement chez Mirabaud.

Mercredi, les marchés européens avaient pourtant « enregistré leur deuxième séance de gains décents, aidés par la perspective de dépenses de relance plus importantes », en particulier en Allemagne et aux Etats-Unis, a rappelé Michael Hewson, un analyste de CMC Markets.

Le Sénat américain a approuvé mercredi à l'unanimité un plan « historique » de 2.000 milliards de dollars pour soutenir la première économie mondiale, asphyxiée par la pandémie de coronavirus qui a déjà contaminé près de 70.000 personnes et fait plus de 1.000 morts aux Etats-Unis.

« Mais la réaction des marchés pourrait rester limitée », a estimé Vincent Boy, analyste marché chez IG France.

En effet, selon lui, « l'équation est prise à l'envers aux Etats-Unis et plus l'administration américaine traînera à se concentrer sur le vrai problème, le virus, plus cette dernière devra multiplier les mesures de soutien sans réel effet à court terme ou du moins tant que l'épidémie n'est pas contenue ».

Avec deux tiers des victimes, l'Europe paie le plus lourd tribut au coronavirus et celui-ci s'est particulièrement alourdi mercredi en Espagne, qui a dépassé la Chine en nombre de morts. Mais c'est toutefois aux Etats-Unis que la contagion progresse le plus rapidement.

En outre, les investisseurs attendaient désormais avec anxiété les derniers chiffres des demandes hebdomadaires d'allocations chômage aux Etats-Unis.

« Le nombre d'inscriptions au chômage (est) attendu à environ 1,64 million selon le consensus Bloomberg et 1 million selon celui de Reuters, une hausse qui n'a jamais été observée, même durant la crise de 2008 », a relevé M. Boy.

Pour ce qui est du reste des indicateurs, le moral des consommateurs allemands devrait s'effondrer en avril après une première baisse en mars, selon le baromètre GfK.

En France, le climat des affaires a chuté « lourdement » en mars, cédant 10 points par rapport au mois de février, son recul le plus fort depuis le lancement de cet indicateur en 1980.

La dernière estimation de la croissance américaine du 4e trimestre devrait également être scrutée de près ainsi que la réunion de politique monétaire de la Banque d'Angleterre (BoE).

Enfin, les dirigeants du G20 tiennent un sommet virtuel jeudi pour coordonner leur réponse à la menace de récession que fait peser le nouveau coronavirus sur l'économie mondiale.

Ipsen bien orienté

Sur le front des valeurs, Ipsen gagnait 1,14% à 48,02 euros, fort de l'annonce jeudi de la reprise prochaine de ses essais cliniques liés au palovarotène, pour les patients de plus de 14 ans atteints de la maladie osseuse rare fibrodysplasie ossifiante progressive (FOP).

ADP prenait 0,39% à 104,10 euros. L'aéroport d'Orly va temporairement arrêter son activité à compter du 31 mars, victime d'un effondrement de plus de 90% du trafic aérien sous l'effet des fermetures de frontières liées à la propagation du coronavirus, a annoncé mercredi le gestionnaire.

Casino perdait en revanche 2,24% à 33,66 euros alors que le groupe de distribution, qui a dégagé une perte nette de plus d'1,4 milliard d'euros en 2019, a annoncé jeudi qu'il suspendait ses objectifs financiers pour 2020 en raison de la pandémie de coronavirus.

JC Decaux reculait pour sa part de 2,36% à 16,57 euros après avoir renoncé mercredi à ses prévisions pour le premier trimestre, alors qu'il prévoyait déjà une chute des revenus face à la crise liée au coronavirus, et avoir prévenu que le second serait pire encore.

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