Quelque 500 salariés de LCL (ex-Crédit Lyonnais) selon les organisateurs, 220 selon la police, ont manifesté mercredi du siège parisien de la banque jusqu'à la Bourse, se proclamant "salariés, mais pas banquiers", à l'occasion d'une dernière séance de négociations salariales.

A l'appel d'une intersyndicale CFDT-CFTC-CGT-FO-SNB/CFE-CGC, ils ont distribué aux passants des copies d'un bulletin de salaire type d'un conseiller commercial avec 37 ans de maison, touchant 1.461,65 euros nets par mois. Mais d'après la direction, ce salaire n'est pas représentatif.

Ils portaient des maillots jaunes sur lesquels était inscrit "salariés, mais pas banquiers". En allusion au partenariat de LCL avec le Tour de France, ils avaient aussi inscrit sur des tracts que "la direction, si elle veut atteindre les sommets, se doit de changer de braquet pour vous récompenser".

Après plusieurs séances de négociations salariales, la direction a proposé une enveloppe de 1,6% d'augmentation de la masse salariale pour 2010, uniquement en mesures individuelles, enveloppe portée à 1,9% mercredi. "Notre politique consiste à valoriser la performance des collaborateurs", a déclaré un porte-parole de la banque à l'AFP.

"Cela fait quatre ans qu'il y avait de bonnes hausses et des augmentations générales des salaires mais le contexte est différent cette année avec une économie fragile et une inflation quasi nulle", a-t-il ajouté.

Les syndicats réclament "une augmentation générale pour tous" et plusieurs sont ressortis déçus de la séance de mercredi.

Depuis une dizaine de jours, les représentants des salariés ont suspendu leur participation aux réunions des instances du personnel pour mettre la pression sur la direction. "La perspective d'une grève est à l'ordre du jour", a précisé Claude Moll (CGT).

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Le mécontentement monte dans plusieurs banques sur les négociations salariales. A la Société générale, lors d'une dernière séance tenue mercredi, la direction a porté l'augmentation générale de 0,7 à 0,9% (avec un minimum de 250 euros) et le "dividende du travail" (complément d'intéressement) de 600 à 1.000 euros, d'après des sources syndicales.

Plusieurs syndicats sont restés là aussi sur leur faim. La CFDT a indiqué à l'AFP avoir déposé un recours en justice pour obliger la direction à négocier sur l'ensemble des rémunérations, y compris celles des salariés hors classe (traders, dirigeants...) soit sur les bonus et les parts variables. L'audience au TGI de Paris doit avoir lieu début janvier.

Chez HSBC, où les négociations sont closes, les syndicats ont mis mercredi à exécution leur menace de boycott des instances représentatives du personnel, dans l'attente d'une rencontre lundi avec la direction.