La Banque de Norvège a pour la troisième fois consécutive relevé son taux directeur de 0,5 point jeudi, à 2,25%, son plus haut niveau depuis la fin de 2011, afin de brider l'inflation.

Après cette hausse largement attendue par les économistes, l'institut d'émission précise qu'il procéderait « très probablement » à un nouveau resserrement de sa politique monétaire à l'issue de sa prochaine réunion en novembre.

« L'inflation est nettement supérieure à notre objectif de 2%, et il est probable qu'(elle) restera élevée plus longtemps que prévu auparavant », a expliqué la gouverneure de la banque centrale, Ida Wolden Bache, dans un communiqué.

« Nous augmentons le taux directeur dans le but de faire baisser l'inflation », a-t-elle ajouté.

Comme le reste du monde, la Norvège connaît des poussées inflationnistes, notamment du fait de la flambée des cours de l'énergie.

Son taux d'inflation s'est établi en août à 6,5% sur un an. Hors prix de l'énergie et variations fiscales, l'inflation sous-jacente, indicateur retenu par la Banque de Norvège, est ressorti à 4,7%, soit plus de deux fois plus que l'objectif officiel de la politique monétaire.

Devenu le principal fournisseur de gaz naturel à l'Europe à la place de la Russie dans le sillage de l'invasion de l'Ukraine, le pays scandinave connaît une croissance vigoureuse, tirée notamment par les hydrocarbures.

Pour 2022, le gouvernement norvégien s'attend à une augmentation du Produit intérieur brut (PIB) de 3,6%.

Frais bancaires : jusqu'à 259 € d'économies grâce à notre comparateur

Après avoir longtemps gardé son taux directeur à zéro pour amortir les effets économiques de la pandémie de Covid, la banque centrale norvégienne a été l'une des premières dans le monde occidental à relever ses taux, avec une première hausse en septembre 2021.

Ses homologues du monde industrialisé, de la Fed américaine à la Banque centrale européenne (BCE) en passant par les banques centrales suédoise et suisse, lui ont emboîté le pas depuis.

Selon la Banque de Norvège, le taux directeur norvégien devait être porté à « autour de 3% au cours de l'hiver », ce qui laisse entrevoir un relèvement –probablement étalé– de 0,75 point dans les mois à venir.