La Banque de France a abaissé mardi sa prévision pour la croissance française à 2,3% en 2022, contre une fourchette comprise entre 2,8% et 3,4% publiée mi-mars, et relevé sa prévision d'inflation à 5,6%, du fait des « chocs » qui frappent l'économie.

« La croissance serait affectée par le niveau actuel de l'inflation qui pèse sur le pouvoir d'achat, et par la détérioration de la conjoncture économique internationale ainsi que par le contexte géopolitique très incertain qui dégrade la confiance de tous les agents économiques », estime la banque centrale française dans ses nouvelles projections économiques.

Les « chocs actuels » persisteraient l'an prochain dans une certaine mesure, entrainant un nouveau ralentissement de l'économie, avec une croissance de 1,2%, avant que l'activité ne reprenne de manière plus vigoureuse en 2024, le produit intérieur brut (PIB) progressant de 1,7%, prévoit encore la Banque de France.

Mais la hausse du PIB de cette année « tient essentiellement à l'élan » apporté par la forte croissance de l'an dernier (7%), précise-t-elle, alors que « les trimestres de l'année en cours contribueraient peu à la croissance », signe du coup de frein de l'économie, qui a même vu le PIB reculer de 0,2% au premier trimestre par rapport au dernier trimestre 2021.

Du côté de l'inflation, la Banque de France prévoit une accélération à 5,6% en moyenne cette année de l'indice IPCH, qui sert de base de comparaison entre pays européens, avant de ralentir à 3,3% en 2023 puis 1,9% en 2024.

« L'inflation sera plus élevée, plus large et (durera) plus longtemps », en se diffusant notamment aux services après s'être concentrée sur l'énergie et l'alimentation, résume la banque centrale française.

Au total, la guerre en Ukraine et ses conséquences engendreraient une perte de 2 points de PIB entre 2022 et 2024 en France, ainsi qu'une hausse de 3,5 points de l'inflation.

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La banque centrale française prévoit toutefois un scénario « défavorable », marqué par une poursuite du conflit en Ukraine l'an prochain avec son intensité actuelle et un durcissement des tensions sur les prix de l'énergie.

Dans ces conditions, la croissance ne serait plus que de 1,5% cette année et le PIB reculerait même de 1,3% en 2023, avec une récession « qui commencerait dès 2022, même si cela ne se refléterait pas dans le PIB » annuel.

L'inflation atteindrait elle 6,1% cette année, puis 7% en 2023, avant de freiner brutalement à 0,7% en 2024.