Vous cherchez une banque, mais vous ne savez pas vers qui vous tourner face à la multitude d'offres proposées ? Pour s'y retrouver, il faut se poser quelques questions simples.

129 : c'est le nombre des enseignes bancaires recensées dans notre comparateur de tarifs. Parmi elles, des grands réseaux nationaux (BNP Paribas, Société Générale, LCL, etc.), des banques régionales (Crédit Mutuel, Crédit Agricole, etc.), des banques en ligne (Boursorama, Fortuneo, etc.) et même des néobanques mobiles (Orange Bank). Autant d'acteurs différents avec leurs forces et leurs faiblesses. Pas évident de s'y retrouver au moment de choisir.

Les banques traditionnelles et les banques en ligne ont en commun de proposer une offre complète, allant de l'ouverture d'un compte avec moyen de paiement à l'épargne, en passant par des solutions de crédit. Les premières disposent d'agences, où l'on peut rencontrer un conseiller. Les secondes font valoir des frais moindres et une simplicité d'utilisation. Les néobanques, quant à elles, offrent essentiellement un compte bancaire et un moyen de paiement. Les lignes qui séparent chaque type de banque sont toutefois en train d'évoluer. « Les banques traditionnelles essaient d'être un peu plus agiles pour concurrencer les néobanques et les néobanques savent qu'à un moment donné, elles devront, pour capter de nouveaux clients, proposer des produits qui nécessitent du conseil comme des produits d'épargne », juge Julien Maldonato, associé Conseil Industrie financière chez Deloitte. « On est donc dans une course où les routes vont finir par se croiser. »

Voici les questions à se poser pour déterminer quel acteur vous convient le mieux.

Question n°1 : Quel est mon profil ?

Connaître son profil est un bon moyen pour s'y retrouver. Un étudiant ou un jeune actif, à la recherche de simplicité, de frais réduits et d'un simple moyen de paiement, se tournera volontiers vers une néobanque comme Orange Bank, sans frais, qui permet de consulter son compte en temps réel et de payer avec sa carte ou son mobile. Une personne avec un projet immobilier se tournera plutôt vers une enseigne traditionnelle avec agence, comme LCL ou Crédit Mutuel. Un grand voyageur aura peut-être intérêt à ouvrir un compte dans une banque en ligne comme Boursorama ou Fortuneo, qui disposent d'offres accessibles incluant des paiements et des retraits gratuits partout dans le monde et des assurances. Voire vers une application de paiement spécialisée, comme Aumax pour moi ou Revolut.

Question n°2 : Qu'est-ce que j'attends de ma banque ?

Pour les opérations du quotidien (consultation de compte, virement, etc.), l'écart entre les banques traditionnelles et les banques en ligne ou les néobanques est de plus en plus réduit. Toutes permettent de faire ses opérations sur le web ou le mobile. C'est désormais l'usage dominant : selon le baromètre « Les Français et les nouveaux services financiers » publié en février 2020 par Deloitte, 84% des Français réalisent des opérations bancaires en ligne, contre seulement 9% n'en faisant pas du tout.

En revanche, pour les opérations plus complexes, les Français préfèrent toujours se tourner vers un conseiller. « 95% des Français sont satisfaits des canaux mis en place par leur banque pour les opérations simples », explique de son côté Baudoin Choppin de Janvry, partner secteur Banque, Finance et Assurance chez Onepoint. « Le sujet n'est donc plus là, mais concerne plutôt la réponse de ma banque face à un moment de vie. Cela peut être un déménagement, une période de chômage ou le décès d'un proche. Le client veut savoir s'il sera épaulé correctement dans ces moments-là. » Selon lui, « 70% des Français sont rassurés par le fait d'avoir une agence près de chez eux, et ce même s'ils n'y vont plus forcément. »

Une impression renforcée par l'étude « Relations banques-clients » du cabinet Deloitte et parue en octobre 2021. Avoir un conseiller « compétent et bien formé » est ainsi important pour 95% des sondés, qui demandent également à ce dernier d'être « aimable et disponible ». Le conseil reste donc un service plébiscité et pour lequel les Français sont même prêts à payer. BNP Paribas propose, pour 12 euros par mois, un « forfait conseiller » qui promet une écoute rapide et personnalisée. Notons cependant que les personnes interrogées par Deloitte font plus confiance aujourd'hui à leur banque (63%) qu'à leur conseiller (58%).

Question n° 3 : quels frais suis-je prêt à payer ?

Notre classement des banques les moins chères est sans appel : les banques en ligne tiennent le haut du pavé puisqu'elles sont cinq dans le top 5 du palmarès : Boursorama Banque, Fortuneo, ING, BforBank et Orange Bank. A titre de comparaison, chez Boursorama, un compte vous reviendra à 22,72 euros par an, contre 118,66 euros pour un compte au Crédit Coopératif, 8e du classement et à la première place des banques traditionnelles.

« Effectivement sur la tarification, l'offre des banques en ligne est imbattable », confirme Baudoin Choppin de Janvry. « Dans les frais des banques traditionnelles, les coûts de fonctionnement du réseau d'agences pèsent lourd. Vous payez donc le coût de la relation humaine personnalisée et de proximité. A chacun de voir combien il est prêt à mettre pour avoir ce service. Les clients qui pensent que la banque doit être gratuite se tournent vers une banque où ils font l'immense majorité des opérations en autonomie et le jour où ils ont un moment de vie, ils envisagent de changer de banque. »

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Question n°4 : dois-je travailler avec plusieurs banques ou tout prendre chez une seule ?

Ouvrir un compte dans une banque ne vous lie pas à cette dernière pour la vie. Certains clients ouvrent, par exemple, d'abord un compte secondaire dans une banque en ligne avant d'y faire basculer leur compte principal. Depuis février 2017 et la « Loi Macron », le changement d'établissement bancaire a été simplifié. C'est désormais à la nouvelle banque de s'occuper des démarches de transfert du compte courant de son nouveau client. Cela ne concerne cependant que les comptes courants, le reste (assurance vie ou livrets épargne par exemple) étant toujours à votre charge.

Choisir d'avoir des produits dans différentes banques peut vous permettre de faire jouer la concurrence et de trouver des tarifs et des taux intéressants. Mais cette diversification ne convient pas à tout le monde. Dans son baromètre, Deloitte dévoile que 45% des Français sondés préfèrent un interlocuteur unique pour gérer leur argent, quand un Français sur quatre se montre en faveur de la diversification. « Mais ce chiffre est amené à baisser », pense Julien Maldonato. « Les jeunes générations ont davantage le réflexe de chercher et de comparer pour trouver la meilleure offre et l'on voit que les jeunes pourraient avoir un pouvoir d'influence et être copiés par leurs parents. Il y avait hier un héritage de la banque par les parents qui est questionné par les jeunes générations. Et de plus en plus, on voit des parents qui adoptent les modes de fonctionnement bancaire des enfants. »

Concernant l'épargne, la confiance dans sa banque et son conseiller prime toujours. Dans une étude de mai 2021 menée auprès de 3 000 personnes, Onepoint posait la question suivante : « Qui contactez-vous en premier pour une question sur l'épargne, l'emprunt ou les projets ? » D'après les réponses, 64% des Français interrogés se tournent en premier lieu vers leur banque, pour des raisons de confiance et de simplicité.

Vers une multiplication des critères ?

Outre les différents critères évoqués jusqu'ici, d'autres demandes font leur chemin parmi les utilisateurs de banques. « On voit que les choix évoluent », confirme Julien Maldonato, « même si cela prend plus de temps que dans d'autres secteurs. On voit par exemple que la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) est un critère de plus en plus important chez les jeunes. »

La consultation de Deloitte auprès des Français montre ainsi que 52% des jeunes sondés (18-24 ans) estiment que la politique RSE améliore leur opinion d'une banque. La montée en puissance des crypto-actifs devraient également chambouler le monde bancaire dans les prochaines années. « Les crypto-actifs comme produits d'épargne peuvent être amenés à prendre beaucoup d'importance », confirme le cabinet Deloitte. En ce sens, la plateforme de crypto-actifs Binance, qui propose désormais une carte bancaire, peut être vue comme une « crypto-banque ». Un nouvel acteur sur un marché déjà très concurrentiel.

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