Une agence gère 80 millions d’euros de dépôts en moyenne, un chiffre tiré par le haut du fait de l’abondance des encours bancaires à Paris et en Hauts-de-Seine.

Si les coffres-forts remplis d’argent appartiennent à une époque révolue, les agences bancaires restent numériquement multimillionnaires. 80 millions d’euros, c’est en effet la quantité moyenne de dépôts bancaires que gère une agence à fin 2020. Ce chiffre s’obtient en divisant les dépôts calculés par la Banque de France - ils comprennent les comptes courants, les livrets y compris réglementés comme le Livret A, les PEL et comptes épargne logement ou encore les comptes espèces reliés aux PEA et aux comptes titres - par le nombre d’agences bancaires sur le territoire.

De 20 à plus de 400 millions d’euros par agence

Toutefois, comme le montre la cartographie co-construite avec notre partenaire Infostat-Marketing dans le cadre de ce dossier sur le déclin des agences bancaires, les avoirs bancaires par agence varient de 1 à 20 en fonction des départements ! C’est dans la “diagonale du vide”, expression controversée qui désigne la bande allant de la Meuse aux Landes où la densité de population est faible, et en Corse que les dépôts bancaires par agence sont les plus bas. Ils dépassent rarement les 35 millions d’euros de moyenne départementale. Cette diagonale se démarque aussi par un maillage d’agences plus disparate mais qui reste suffisant pour, qu’ à ce niveau départemental, émergent de réels déserts bancaires. La Poste, qui dispose d’une filiale bancaire La Banque Postale, empêche notamment cela. Celle-ci doit en effet maintenir une présence minimale de sorte que pas plus de 10% de la population d’un département donné ne soit éloignée de plus de 5 kilomètres d’un de ses points de contact.

Dépôt total banque de France par agence en millions d'euros

A l’opposé se trouvent les départements qui abritent des villes particulièrement dynamiques économiquement et/ou démographiquement avec un pan de la population aux revenus confortables, comme le Rhône avec Lyon (95,5 millions d’euros par guichet), les Bouches-du-Rhône avec Marseille (79,4 millions d’euros) ou encore la Loire-Atlantique avec Nantes (74,7 millions d’euros). A Paris et dans les Hauts-de-Seine, on change d’échelle. Ces deux départements, qui affichent les revenus fiscaux par habitant les plus élevés de France, sont logiquement aussi ceux où les dépôts bancaires sont les plus élevés. Dans les Hauts-de-Seine - où il y a Neuilly-sur-Seine, Levallois-Perret ou encore Saint-Cloud -, la moyenne des avoirs bancaires par agence s'élève à 245,6 millions d’euros à fin 2020. A Paris, elle passe à 408,8 millions d’euros..

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En Ile-de-France, la situation est donc particulièrement contrastée. De l’autre côté du périphérique se trouve en effet la Seine-Saint-Denis, où la quantité d’agences bancaires chute à 1 guichet pour 3 807 habitants, contre 1 pour 1 773 à Paris. Avec un taux de pauvreté de 28,4% en Seine-Saint-Denis, selon les dernières données publiées par l’Insee, contre 15,2% à Paris et 11,9% en Hauts-de-Seine, « les banques ne se battent pas pour y aller, c’est évident », commente Laurent Terral, géographe, chargé de recherche à l'Université Gustave Eiffel. Au niveau des dépôts moyens par agence, ce contraste s’observe également. Ils s’élèvent en moyenne à 73,2 millions d’euros en Seine-Sainte-Denis, 5 fois moins qu’à Paris.