Les grands banquiers centraux à travers le monde, unis pour pointer le danger du changement climatique pour la planète et son économie, ont en revanche laissé apparaître vendredi leurs divisions sur le rôle que doit jouer la politique monétaire à cet égard.

« Notre planète brûle », a déclaré la présidente de la Banque centrale européenne Christine Lagarde, à l'occasion d'une table ronde réunissant les banquiers centraux de la zone euro, des États-Unis, de la Chine et de la France.

Son collègue de la banque centrale chinoise Yi Gang a pour sa part affirmé que « notre planète est en danger » et pour le président de la Réserve fédérale américaine Jerome Powell, « il ne fait aucun doute que le changement climatique pose des défis profonds à l'économie mondiale et crée de l'incertitude pour le système financier ».

Mais en dépit de ce constat à peu près partagé, ce sont surtout les différences de vue entre les grands argentiers de la planète qui sont apparues .

« Nous manquerions à notre mandat si nous ne voyions pas que le changement climatique peut dégrader la transmission de notre politique monétaire car il est susceptible d'induire de l'instabilité financière s'il n'est pas pris en compte », a pour sa part estimé Mme Lagarde.

Celle-ci a par conséquent défendu l'action de la BCE quand elle « alerte les principaux acteurs de l'économie », accompagne les établissements bancaires dans la prise en compte des risques climatiques et quand elle incorpore des critères liés au changement climatique dans sa politique d'investissements.

Du côté de la banque centrale chinoise, « la chose la plus importante que nous faisons est de dire à l'opinion publique combien sont importants la finance verte et le risque du changement climatique », afin de permettre aux ménages et entreprises de comprendre « l'urgence » de la situation et ainsi modifier leurs comportements, a déclaré M. Gang.

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M. Powell a lui estimé que la réponse américaine à ce défi « viendra de responsables élus, qui ont demandé et reçu un mandat des électeurs ».

Selon lui, le changement climatique n'est que l'un des nombreux facteurs pouvant affecter l'économie, et « n'est pas quelque chose que nous regardons directement pour établir notre politique monétaire », a-t-il expliqué.

« Nous ne sommes pas et ne cherchons pas à être les décideurs en tant que tels des politiques climatiques » et « nous devrions éviter de mener des politiques publiques là où les gouvernements ne l'ont pas encore fait », a estimé l'Américain.