Les banques allemandes ont bien supporté jusqu'à présent l'environnement de taux d'intérêt négatifs, indique lundi la Banque centrale allemande dans un pays où la politique des taux bas de la BCE a été vilipendée des années durant.

« Rien n'indique à ce jour en Allemagne que la volonté des banques de prêter ait diminué » du fait des taux bas, selon un article du bulletin mensuel de la Bundesbank publié lundi.

Ces dernières années, la Banque centrale européenne (BCE) a abaissé ses taux principaux à leur plus bas historique et a utilisé d'autres outils exceptionnels, comme les rachats de dette, pour préserver de bonnes conditions de financement dans l'économie et soutenir l'activité.

Depuis 2014, les banques paient un intérêt sur les liquidités en excès qu'elles confient à la BCE, faute de les distribuer via du crédit aux ménages et aux entreprises.

Ce taux est de -0,5% aujourd'hui et occasionne un coût en milliards d'euros rien que pour le secteur bancaire allemand.

La Bundesbank souligne que cela a pu entraîner une baisse des marges dégagées par les banques sur leurs crédits, mais ajoute que ces dernières ont pu « stabiliser et même améliorer leur base de fonds propres jusqu'au début de la crise du coronavirus » via « d'autres canaux ».

En particulier, « la faiblesse des taux de défaut de crédit et la réduction de la provision pour risque » qui en résulte ont permis d'améliorer la rentabilité globale, et donc les réserves des établissements.

Cette évolution positive observée avant la crise liée au Covid-19 « s'explique à son tour par la situation économique favorable » soutenue précisément « par les mesures expansionnistes de politique monétaire », note l'institut.

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Mais les mêmes banques pourraient désormais freiner leurs prêts du fait du regain observé de la pandémie et du ralentissement économique qui menace.

Les banques déplorent déjà davantage de prêts en souffrance dans leur portefeuille et ont dû renforcer leurs provisions depuis le printemps.

Avec le risque que « la pression sur les bénéfices due à la baisse des marges d'intérêt sera plus difficile à compenser », pouvant « conduire à une pénurie de crédit », conclut la Bundesbank.