Coronavirus : la BCE fait sauter une limite auto-imposée à ses rachats de dette

La BCE
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La Banque centrale européenne a renoncé à une importante limite qu'elle s'est auto-imposée pour ses rachats de titres sur le marché, au moment de lancer une vague plus importante pour lutter contre les effets du coronavirus sur l'économie.

La limite faisant que l'institution ne peut détenir plus de 33% du stock de dette en circulation d'un Etat donné « ne s'applique pas » dans le cadre du plan d'urgence de 750 milliards d'euros décidé le 19 mars pour tenter de contenir les répercussions sur l'économie de la pandémie de coronavirus, selon un document rendu public par la BCE mercredi soir.

Cette limite avait joué de 2015 à 2018 lors de la première phase de ses rachats massifs de dette, qui se sont accumulés à 2.600 milliards d'euros, et qui ont repris depuis novembre dernier.

Or, l'institution monétaire avait précisé au moment d'annoncer son plan sans précédent face à la pandémie qu'elle voulait organiser ses rachats sur le marché de « manière flexible ».

L'institution a désormais assoupli son champ d'action car elle « ne tolérera aucun risque pesant sur la bonne transmission de sa politique monétaire dans tous les pays » de la région, souligne son document mis en ligne.

En rachetant massivement de la dette des Etats et d'entreprises de la zone euro sur les marchés, la BCE espère soulager les banques et les inciter à maintenir voire relancer leurs prêts aux ménages et entreprises, et ainsi à soutenir la production et l'emploi.

La décision du jour de la BCE qui fait sauter la limite sur ses achats d'actifs « est une bombe », s'enthousiasme Frederik Ducrozet, stratégiste chez Pictet Wealth Management.

Les soutiens de l'institution pourront désormais concerner « les pays durement touchés (par la pandémie) comme l'Italie », commente Florian Hense, analyste chez Berenberg.

« Pendant que l'Eurogroupe des ministres des Finances tergiverse (...) la BCE continue de tenir ses promesses », ajoute-t-il.

Le sujet des rachats massifs de dette reste délicat, en particulier en Allemagne où la Cour constitutionnelle doit encore se prononcer sur la validité du « QE ». Des eurosceptiques veulent faire établir qu'à travers cet outil, la BCE a violé l'interdiction de financer les Etats.

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